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Observatoire

Foncier agricole : un marché plutôt stable

Tous les ans, la Safer fait état de ses observations sur les marchés fonciers ruraux et, plus particulièrement, agricole. Voici l’essentiel de ses constats.
Foncier agricole : un marché  plutôt stable

Le marché agricole est le cœur de métier de la Safer(*). Il correspond aux biens dont la destination agricole principale est certaine, en raison soit de l'existence d'un bail, soit du statut de l'acquéreur (agriculteur), soit de la nature agricole des terrains et de leur superficie (plus de 5 hectares).
Sur ce marché, en 2014 dans la Drôme, 1 931 hectares (ha) de terrains agricoles se sont vendus pour le non-bâti (625 notifications) et 926 ha pour le bâti (119 notifications). La tendance du marché s'est révélée assez proche de celle des trois dernières années. « Il est à peu près stabilisé », indique Yann Léger, chef de service du département étude et développement à la Safer Rhône-Alpes. « Ce n'est pas un marché en dents de scie ou spéculatif », ajoute Damien Bertrand, directeur départemental Drôme de la Safer.

75 % des acquéreurs agriculteurs

Le bâti s'est échangé à 224 500 euros en moyenne. Et le prix agricole moyen du non-bâti était de 0,74 euro le mètre carré (m²). De grands écarts existent, cependant, entre la vallée du Rhône et l'arrière-pays. 75 % des ventes ont été appréhendées par des agriculteurs, une proportion plutôt supérieure à la moyenne régionale, selon Yann Léger.
Damien Bertrand note une tendance nouvelle en 2014, se confirmant en 2015 : « une forte demande d'agriculteurs à l'acquisition de foncier sur le secteur grandes cultures de la vallée du Rhône ». Le prix des terres, la Safer le communique par géomarchés agricoles (voir la carte de la Drôme en cliquant sur ce lien).

Peu de domaines viticoles vendus

Le marché foncier viticole comprend l'ensemble des biens dont au moins 50 % de la surface est en vigne. Comme en 2013, très peu de ventes avec bâti ont été réalisées dans le département en 2014 : seulement 5 notifications et 11 ha. Autrement dit, peu de domaines ont été vendus. En non bâti, les ventes ont concerné 269 ha. Un chiffre stable ces trois dernières années (265 en 2013 et 261 en 2012). Damien Bertrand fait le constat d'un marché foncier marqué, en 2014, par une activité viticole dans toutes les appellations, y compris en Clairette, alors qu'elle se centrait surtout sur le Sud-Drôme auparavant (voir le prix des vignes en cliquant sur ce lien).

Moins de terres prises à l'agriculture

En 2013 dans la Drôme, 174 ha ont été consommés par les espaces dits « urbains » (habitat et économie), pris pour l'essentiel sur des terrains agricoles (170 ha). C'est moins que sur les périodes 2000 à 2005 (296 ha par an) et 2006-2009 (340 ha par an). Sur 2010-2013, « on revient à un processus plus économe, fait remarquer Yann Léger, avec une moyenne annuelle de 200 ha. L'inflexion a commencé en 2009. Et la tendance de décroissance de la consommation urbaine s'est confirmée en 2013. » La crise économique est l'un des facteurs explicatifs.
A noter encore, en 2014 dans le département, les non-agriculteurs ont acheté 98 ha de terrains agricoles pour leur agrément à une valeur de 2,70 euros le m2, soit bien inférieure à celle de 2013 (4,60 euros). « Dans les deux cas, fait remarquer Yann Léger, la valeur était bien au dessus du prix agricole moyen (0,74 euro le m2). » Quant au prix moyen d'une résidence en milieu rural comportant un élément agricole, il s'est stabilisé, l'an passé. Il était de 230 000 euros, comme en 2013. La surface moyenne achetée par les particuliers s'est chiffrée à 1,35 ha.
Annie Laurie
(*) Safer : Société d'aménagement foncier et d'établissement rural.

 

 

En 2014 dans la Drôme : 108 acquisitions Safer

En 2014 dans la Drôme, la Safer a réalisé 108 acquisitions pour une valeur totale de 18 441 000 euros représentant 1 358 ha, dont seulement 4 % par préemption. Ces acquisitions de foncier ont servi à l'installation et la confortation avant et après installation : une vingtaine de dossiers et 200 ha. Mais aussi à la confortation ou au maintien sur les parcelles : 63 attributions et 382 ha. Et la Safer fait également des rétrocessions de biens ruraux, qui ont représenté une vingtaine de dossiers pour environ 400 ha. « Sur ces 400 ha, explique Damien Bertrand, nous faisons de l'accompagnement auprès des attributaires pour confirmer les terrains dans une activité agricole. Nous avons ainsi récupéré autour de 200 ha. Nous arrivons à remettre en place des contrats, soit des baux, soit de location à durée déterminée dans le cadre de conventions de mise à disposition. » Le reste des dossiers étaient orientés vers des projets de diversification, d'accueil touristique ou de loisir.