Gel sur jeunes maïs : pas trop d’inquiétude
Le climat plutôt sec de ces dernières semaines et les bonnes conditions de structure et de ressuyage des sols ont permis de commencer les semis assez tôt cette année. Au 25 avril, presque toute la sole était semée. Quelques parcelles étaient en attente à cause du sec, ou de retournement tardif de prairies/ray-grass.
Des gelées sans risque majeur avant le stade 4-5 feuilles
Or, à partir du 15 avril, les températures minimales ont chuté, souvent négatives sous abri, en lien notamment avec des éclaircies nocturnes et un vent de Nord / Nord-Est. Elles occasionnent des gelées blanches localisées, plus marquées dans la moitié Nord-Est et dans les zones d'altitude. Pour les parcelles non levées, c'est la température du sol qui est à prendre en compte. Celui-ci a un effet « protecteur » : la plante n'est pas touchée par le gel. Pour les productions au stade post-levée, les jeunes feuilles se trouvent, en revanche, exposées à la température de l'air. Un gel de quelques heures est suffisant pour les détruire. Les effets visuels de températures gélives sur les feuilles déployées sont bien connus : dans un premier temps, elles brunissent rapidement, puis elles deviennent plus ou moins translucides. Par contre, jusqu'au stade 4-5 feuilles visibles, le méristème apical (apex), qui produit les feuilles une par une, est encore dans le sol. Il est donc bien protégé des basses températures. Dans la majorité des cas, les nouvelles feuilles formées, mais pas encore visibles, se développeront et les conséquences seront limitées. Toutefois, sur certaines plantules, les feuilles gelées, en se repliant plus ou moins sur elles-mêmes, peuvent bloquer le déploiement des nouvelles feuilles formées. Dans ce cas, il y aura perte de pieds. En conséquence, suite aux gelées matinales de ces derniers jours, ne rien faire et attendre : la parcelle n'est pas détruite.
Quelle stratégie de désherbage adopter ?
En revanche, il faudra être prudent lors des traitements herbicides de post-levée précoce, pour laisser à la plante fragilisée par le gel du temps pour repartir en végétation. Attention au risque de manque de sélectivité des mélanges herbicides, d'autant plus si les amplitudes thermiques élevées (> 15 °C) se maintiennent avec des températures minimales inférieures à 6 °C. Il est préférable d'attendre que les conditions soient plus poussantes avant d'intervenir, quitte à modifier sa stratégie de désherbage. Les conditions sont désormais propices pour les antigraminées racinaires mais attention avec l'utilisation de la thiencarbazone (solutions commerciale Adengo par exemple) et des solutions à base de nicosulfuron.
Thibaut Ray,
Arvalis-Institut du végétal