Grâce au bois, une meilleure ambiance sanitaire
Sa construction fut longue, très longue, même. Alors que les travaux avaient commencé en septembre 2012, le bâtiment ne fut livré que fin avril 2014. Soit un an après la date initialement prévue. « La faute à de grosses intempéries qui ont empêché la réalisation des terrassements. Ensuite, les retards n'ont fait que s'enchaîner », se souvient Benoît Vacher, éleveur de veaux, au sein de l'EARL du Grand Cozance à Trept. Mais, aujourd'hui, le rythme est pris. Benoît Vacher et son père accueillent, dans leur construction en litière paillée de 1 200 mètres carrés, pour le compte d'une entreprise d'intégration, 400 veaux qui arrivent dans leur étable à 17 jours et repartent à 140 jours. Une opération qu'ils renouvellent deux fois et demie par an.
Ventilation et isolation
« Je savais quel type de bâtiment je voulais réaliser. Mais j'ai aussi été conseillé par les techniciens de l'entreprise d'intégration qui me fournit les veaux », explique Benoît Vacher. Entièrement réalisé en bois français pin pour la charpente et chêne pour les poteaux, le choix de ce matériau est apparu pour le jeune éleveur comme une évidence. « Au niveau esthétique, par respect pour mes voisins, je voulais un bâtiment qui s'intègre le mieux possible dans le paysage. Et pour les veaux que j'allais engraisser, le bois permet une meilleure ambiance sanitaire ». Si ce n'est le bardage à la suédoise qu'ils ont réalisé eux-mêmes, ils ont tout fait faire pour un coût total de 430 000 euros. Le bâtiment a été acheté à une entreprise bretonne (Royné), rencontrée lors de la foire de Beaucroissant, mais il a été installé par un charpentier des environs. À l'intérieur, de part et d'autre d'un caniveau central, des dalles inclinées ont été installées pour évacuer les jus et, sur un des côtés, un couloir surélevé de 30 centimètres permet la circulation et le stockage de l'alimentation. Sans chauffage, ni climatisation, une ventilation dynamique est assurée grâce à des trappes pour les entrées d'air et des ventilateurs pour les sorties. « Un boîtier reçoit mes consignes de température et fait le nécessaire pour s'en approcher le plus possible », explique Benoît Vacher. Entièrement fermé, le bâtiment est isolé de tous les côtés avec des panneaux d'isolation thermique en polystyrène extrudé de six centimètres d'épaisseur au plafond et de quatre le long de la construction.
Compréhensifs
Benoît Vacher est très attentif à son voisinage. En amont de la construction du bâtiment, il a rencontré les riverains pour les informer de son projet et leur expliquer comment il allait diriger son élevage. « Puis, comme la construction est classée ICPE (installation classée pour la protection de l'environnement), je suis à nouveau allé à leur rencontre pour leur demander des autorisations que j'ai fait suivre à la DDT », précise-t-il. L'éleveur reconnaît que, dans l'ensemble, ils se sont montrés très compréhensifs : « Au départ, ils avaient des craintes concernant les risques d'odeurs et de bruit, mais elles ont vite été levées. Nous avons de la chance. Mes voisins comprennent notre métier et veulent qu'il perdure ».
Isabelle Brenguier
