Guy Vasseur confirme son départ imminent
« C'est un basculement important mais voulu », c'est en ces premiers termes que Guy Vasseur a commencé la conférence de presse dans laquelle il a confirmé son choix de quitter la présidence de l'APCA après 6 années passées à sa tête. Une décision mûrement réfléchie et prise déjà depuis plusieurs mois, assure l'intéressé. Si Guy Vasseur se dit satisfait du travail accompli à l'issue de ses deux mandats, de nombreux sujets encore inaboutis restent sur la table. En premier lieu duquel, celui du registre des actifs agricoles. « Nous sommes en train de caler le dispositif avec le ministre », avance le représentant des chambres. Le registre, selon lui, qui doit passer en priorité avant la question du statut de l'agriculteur. Autre point revenu à plusieurs reprises lors des échanges, la place de l'environnement en agriculture. À ce titre, il dit regretter une erreur de communication de la part du ministère de l'Agriculture en ayant voulu parler « d'agroécologie ». D'après lui, le terme « d'agronomie » aurait été plus approprié. « Le syndicalisme a pris ça comme une attaque frontale vis-à-vis de l'économie », regrette Guy Vasseur, qui rappelle dans un même temps, avoir toujours soutenu les plans Ecophyto 1 et 2 ainsi que l'initiative 4 pour 1 000.
Syndicalisme et confidences
« Je n'ai pas à interférer sur les positions du syndicalisme », a tenu à affirmer Guy Vasseur. Même si sa candidature a été appuyée par Jean-Michel Lemétayer alors président de la FNSEA, il a tenu à souligner l'indépendance des chambres d'agriculture sur ce point. S'il admet avoir eu une relation de « connivence » avec Jean-Michel Lemétayer, il assure néanmoins « n'avoir jamais eu de problème avec Xavier Beulin ». Concernant l'actuel ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, Guy Vasseur reconnaît une accumulation extraordinaire de facteurs externes qui ne l'ont pas aidé dans sa mission : aléas climatiques, sanitaires, économiques et politiques. À cela s'ajoutent également quelques désaveux essuyés au sein même du gouvernement, notamment sur les dossiers du glyphosate et des néonicotinoïdes. Le représentant des chambres qui semblait d'ailleurs regretter que le dossier environnement ne soit pas allé plus loin, « il faudra tenir compte de plus en plus des attentes de la société », a-t-il ainsi martelé.
Un avenir loin de l'agriculture ?
En annonçant son départ de l'APCA, Guy Vasseur déclare dans la foulée vouloir transmettre son exploitation située dans le Loir-et-Cher d'ici la fin de l'année. Interrogé sur ses futures occupations, le principal intéressé répond, non sans humour, « rien ! » avant de compléter, « je vais remettre de l'ordre chez moi (travaux en cours), je ne vais pas être frustré ou malheureux car je n'ai rien prévu », conclut-il. En rapport aux présidentielles, il informe néanmoins avoir été approché par les équipes d'Alain Juppé et de François Fillon, deux candidats en lice à la primaire de droite, dans le but d'opiner sur leur programme agricole respectif. « Je suis intervenu sur 4 ou 5 points afin de mieux prendre en compte les réalités du monde agricole », indique-t-il, tout en précisant qu'il aurait, en tant que président de l'APCA, fait de même avec des candidats de gauche s'ils l'avaient sollicité.