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Rhinotrachéite infectieuse bovine

IBR : en route vers l’éradication

Dans le cadre de la refonte du dispositif de prévention, de surveillance et de lutte contre la rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR), un nouvel arrêté ministériel a été signé le31 mai, pour une application au 1er octobre 2016.
IBR : en route vers l’éradication

Un nouvel arrêté a pour objet l'éradication de l'IBR. Il met en place l'attribution d'un statut IBR à chaque élevage, et renforce le dispositif de surveillance et d'assainissement en instaurant des restrictions à la circulation des bovins issus de cheptels non indemnes. Il est favorable aux cheptels indemnes et bien plus contraignant pour les cheptels en assainissement ou non conformes.

Quatre statuts IBR

Le statut indemne d'IBR est attribué au troupeau qui respecte les conditions d'introduction et de prophylaxie. Les dépistages réguliers de l'IBR sur le lait ou le sang sont négatifs. Le statut en cours de qualification d'IBR est attribué au troupeau qui respecte les conditions d'introduction et de prophylaxies de cheptel, après un dépistage négatif.
Le statut en cours d'assainissement est attribué au troupeau qui détient des bovins positifs en IBR et qui sont valablement vaccinés. Si les bovins positifs sont partis, le troupeau est en attente d'un dépistage de cheptel négatif. Le statut non conforme est attribué au cheptel qui ne respecte pas les conditions réglementaires de suivi IBR. Le risque est considéré comme non maîtrisé.

Le dépistage à partir de 12 mois pour les cheptels positifs

Dans les troupeaux en cours d'assainissement ou non conformes, les bovins doivent être contrôlés à partir de 12 mois, et non à partir de 24 mois comme les élevages indemnes ou en cours de qualification. Par mesure de transition, jusqu'au 31 décembre 2017, dans les troupeaux en cours d'assainissement et ayant éliminé la totalité des animaux reconnus positifs, ne peuvent être contrôlés que les bovins de plus de 24 mois. Pour le contrôle aux mouvements, sont obligatoires : un dépistage avant le départ pour tout bovin issu de troupeau non indemnes, et un dépistage 15 à 30 jours après l'arrivée pour tous. Tout bovin introduit, quel que soit son âge, doit être isolé et soumis à un dépistage IBR sous 15 à 30 jours suivant sa livraison, pour prendre en compte le risque lié au transport. Des dérogations au contrôle à l'introduction peuvent intervenir si les bovins sont issus de troupeaux indemnes d'IBR et amenés directement vers l'élevage acheteur sans contact avec des bovins d'autres élevages durant le transport. Si le cheptel d'origine n'a pas le statut indemne, un contrôle IBR est à réaliser dans les 15 jours avant le départ du ou des bovins afin de ne mettre dans le circuit « sain » que des animaux négatifs en IBR. Les bovins destinés à un troupeau d'engraissement dérogataire (carte jaune en bâtiment) et(ou) à l'abattoir peuvent déroger à l'obligation de dépistage avant départ à condition d'être transportés à destination par transport sécurisé.

Une vaccination des positifs dans le mois suivant le résultat

Afin de limiter le risque de contamination des congénères, tout bovin positif en IBR doit être vacciné par son vétérinaire sanitaire dans le mois suivant la notification du résultat d'analyse. Il peut être dérogé à cette obligation si l'animal est envoyé par transport sécurisé à l'abattoir. Les bovins infectés sont identifiés avec une ASDA (carte verte) marquée. Leur destination ne peut être que l'engraissement ou l'abattoir Lorsqu'un bovin est reconnu positif d'IBR, son ASDA est marquée par une étiquette « bovin positif IBR ». Le but est de faciliter son identification et la mise en place des mesures de restriction correspondantes. Sa sortie n'est autorisée que pour son transport vers un abattoir ou un troupeau d'engraissement dérogataire en bâtiment.

L'éleveur est responsable du marquage du bovin positif

Lorsque les mesures prévues par l'arrêté ne sont pas respectées (troupeau non conforme), tous les bovins du troupeau sont considérés comme infectés. Une séparation des circuits pour le transport, les rassemblements, les pâturages collectifs, la transhumance... Afin de limiter toute nouvelle contamination, tout bovin reconnu positif d'IBR ne peut être introduit dans une exploitation ou mélangé à des bovins de statut différent, y compris lors du transport ou de tout rassemblement. Tout bovin entré en contact avec un bovin reconnu positif est considéré comme positif. 

 

L’IBR, qu’est-ce que c’est ?    

La rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR) est une maladie virale contagieuse, propre aux bovins. Elle peut se caractériser par différentes manifestations cliniques : forte fièvre, atteintes de la trachée mais aussi des formes génitales… Les formes cliniques (graves) de l’IBR sont devenues rares en France, du fait de la maîtrise de la circulation du virus. La contamination se fait la plupart du temps par un contact direct « mufle à mufle » avec un animal porteur. Le virus de l’IBR est un herpès, ce qui explique qu’un animal atteint reste porteur du virus à vie. La vaccination permet de limiter les risques de ré-excrétion du virus. C’est pourquoi on vaccine les animaux positifs, pour protéger les autres bovins.
Pourquoi attendre 15 jours 
Lorsqu’un bovin est pour la première fois en contact avec le virus, il va se défendre en fabriquant des anticorps. Le dépistage de l’IBR est basé sur la détection de ces anticorps. Il faut 15 jours pour que la quantité d’anticorps soit décelable avec les méthodes utilisées dans nos laboratoires. Ceci explique qu’un bovin contaminé en IBR dans un centre de rassemblement ou un marché la veille de sa livraison sera négatif si on fait la prise de sang le jour de son arrivée et positif 15 jours après. Dans l’attente de ce délai de 15 jours, il est bien sûr impératif d’isoler le bovin pour qu’il n’ait pas de contacts avec le troupeau. Pas facile mais essentiel !