InVivo mise sur l’innovation et l’internationalisation
Cette année, la tournée régionale d'InVivo se fait dans un contexte particulièrement difficile, avec une récolte de céréales en déficit qualitatif et quantitatif, alors que la production mondiale est en progression. Si la récolte de blé dur dans le Sud est plus satisfaisante, « le marché international est plombé par l'Italie, qui a enregistré des rendements importants, notamment dans le sud du pays, avec des faibles taux de protéines, et qui exporte à bas prix. De même, le Canada a fait une récolte deux fois plus importante que d'habitude, mais rencontre des problèmes de mycotoxines », résume le président d'Arterris, Régis Serres.
Face à cette situation, « que nous n'avions pas connue depuis les années 1960 », rappelle le président d'InVivo, Philippe Mangin, les coopératives se mobilisent. Par l'intermédiaire du pôle partenaires agrofourniture, « nous souhaitons demander un effort à nos fournisseurs, afin d'apporter un peu d'oxygène aux producteurs. » Exceptionnellement, cette année, les coopératives affectées par une forte baisse de la collecte pourront partiellement annuler la livraison des quantités engagées contractuellement. Pour fidéliser ses clients historiques, InVivo se tournera vers d'autres origines. Sur le marché du blé tendre, In Vivo exporte 35 % des 20 millions de tonnes de blé français quittant l'Hexagone, sur une production de 40 millions en moyenne. Or cette année, la récolte n'est que de 28,5 millions de tonnes. Afin de maintenir ses positions commerciales, InVivo va sourcer des blés à l'étranger, grâce au bureau ouvert à Singapour et via des achats en mer Noire.
InVivo souhaite profiter de cette situation de crise pour infléchir de grands changements dans la filière céréalière française. « L'exportation a toujours été une variable d'ajustement. Aujourd'hui, les cahiers des charges de nos clients évoluent, ils montent en gamme. Nous devons réformer notre filière, et ce jusqu'à l'organisation de la chaine logistique », explique le DG, Thierry Blandinières.
International et innovation
« Paradoxalement, il y a des perspectives très intéressantes », souligne Philippe Mangin. « Il y a une croissance des débouchés, avec l'augmentation de la population mondiale et du niveau de vie ». Au 30 juin 2016, InVivo a enregistré 6,4 milliards de chiffre d'affaires, en progression de 16 %. Le résultat net atteint 70 millions d'euros, en progression de 30 %. « Nous tirons les fruits de nos développements à l'étranger, au Mexique, au Brésil, en Asie... Tout n'est pas rose dans les pays émergents, la croissance a ralenti mais il y a toujours de la croissance », illustre ainsi Thierry Blandinières.
Autres leviers sur lesquels InVivo veut baser son déploiement : l'innovation et le numérique, « qui permettront d'accélérer la restructuration des filières. Nous voulons montrer que le conventionnel peut produire plus et mieux. » InVivo prévoit de mettre en place 1000 fermes numériques, sur la base des 350 fermes Ecophyto. « Et les économies d'intrants qu'elles feront permettront de financer les investissements. » Les coopératives adhérentes vont proposer des fermes candidates, l'objectif étant de ne pas seulement se centrer sur les grandes cultures mais aussi sur la vigne et les productions animales.
InVivo a également créé des fonds d'investissement, dont InVivo Invest pour le pôle végétal. Et début décembre, s'ouvrira le Studio agro-digital où sera installé Smag (Smart Agriculture, qui propose des systèmes d'information agronomique et des solutions informatiques pour l'agriculture), une pépinière d'entreprise dédiée aux start-up. n
Magali Sagnes