Irrigation en Nord-Drôme : le SID tire la sonnette d’alarme
Le 1er juillet, le conseil d’administration de la régie du Syndicat intercommunal d’irrigation drômois (SID) s’est réuni à Montélier sous la présidence de Bernard Vallon. Une motion a été adoptée à l'unanimité alertant sur une baisse drastique des volumes d’eau prélevables sur plusieurs bassins versants du territoire.
Dans une motion adoptée à l'unanimité le 1er juillet, les administrateur du SID dénonce une réduction de 40 à 50 % des volumes d’eau autorisés pour l’irrigation sur les bassins de la Galaure, de l’Herbasse, de la Veaune, du Chalon et de la Savasse. « Ces décisions prises par la Commission locale de l'eau du Sage Bas Dauphiné Plaine de Valence n’ont pas été validées par le SID, ni par la chambre d’agriculture, ni par d’autres acteurs agricoles, malheureusement minoritaires », précise le conseil d’administration.
Conséquence directe : les irrigants, déjà engagés dans la campagne culturale, verront leurs dotations d’eau réduites, à proportion des surfaces souscrites. Une situation jugée « intenable » par le SID qui indique : « Maraîchers, arboriculteurs, céréaliers… tous redoutent des pertes de récoltes massives, la mort de plantations pérennes comme les noyers ou les abricotiers, des conséquences économiques lourdes, voire des licenciements ».
Et de poursuivre : « Ce sont des dizaines d’exploitations qui risquent de ne pas survivre. À travers elles, c’est tout un territoire agricole que l’on fragilise, voire que l’on condamne », s’alarme le SID. D’autant plus que ces restrictions menacent aussi l’existence même de la régie, entre résiliations de contrats et baisses d’activité.
Réviser urgemment les volumes alloués
Le SID remet en cause la fiabilité du modèle de modélisation hydrogéologique ayant servi de base aux décisions. Une expertise indépendante évoque une « qualité médiocre de l’outil numérique », incapable d’analyser finement les prélèvements par bassin ou profondeur. Loin d'être d’un outil d’aide à la décision fiable, le modèle se révèle, selon les experts, “insuffisant pour traiter les questions de gestion des étiages et des prélèvements actuels”, indique la motion adoptée par le conseil d'administration du SID.
Dans ce contexte, le SID demande urgemment une révision des volumes alloués pour la saison 2025, en cohérence avec les besoins agricoles réels, ainsi qu’une suspension partielle des décisions de la CLE. Il appelle aussi à une approche plus globale, tenant compte du cycle long de recharge de la nappe phréatique (cinq à dix ans), et non d’une logique annuelle.
Enfin, il propose de nouvelles modalités de gestion : communication des volumes dès novembre de l’année précédente, raisonnement à moyen terme (sur trois ans), et différenciation des impacts selon les types de prélèvements.
C.L.