L’agroéquipement au cœur des transitions
Il s’est félicité d’avoir rencontré une filière positive, porteuse d’innovation et engagée dans les transitions.
Il faudrait que ceux qui critiquent l'agriculture viennent passer du temps ici après être allés au Salon de l'agriculture. Ils constateraient que nous avons la meilleure agriculture du monde. » Le 24 février, après plusieurs heures de déambulation et d'échanges dans les allées du Sima, Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture, s'est, en ces termes, félicité d'avoir rencontré les acteurs d'une filière d'excellence à l'avant-garde des transitions.
« Ma première conviction après cette matinée passée à vos côtés est que vous êtes tous engagés dans la transition écologique, une transition essentielle basée sur la transition économique pour mieux de rendements et de revenus », apprécie Didier Guillaume, qui a salué l'implication des acteurs de l'agroéquipement dans les transitions. Il estime en effet qu'ils font évoluer leur technique pour permettre aux agriculteurs d'utiliser moins d'intrants. Il applaudit aussi la diversité de solutions proposées, répondant aux demandes d'une agriculture française, et européenne, diverses, aux multiples modèles « qui ne doivent pas être opposés ». Estimant que la robotique et le numérique représentaient l'avenir de la filière, il juge prioritaire de protéger les données agricoles récoltées, de les mettre à disposition sans nuire aux intérêts des agriculteurs.
« Il ne faut pas que l'arrivée de l'économie de la donnée s'accompagne d'un accaparement de valeur ajoutée au détriment des producteurs », prévient-il.
Se plaçant en défenseur de l'agriculture « positive » et en bouclier contre les critiques, il souligne qu'il est nécessaire de communiquer sur les innovations et les nouvelles pratiques afin d'expliquer aux citoyens que l'utilisation d'un pulvérisateur, par exemple, n'est pas toujours néfaste pour la santé et l'environnement. « Vue d'ici, l'agriculture est positive et innovante, dans les allées du Sima je n'ai rencontré que des acteurs qui en parlent avec le sourire », se réjouit le ministre qui regrette tout de même que la filière de l'agroéquipement peine à recruter. En dépit d'une croissance positive, elle connaît en effet une pénurie de main-d'œuvre. En 2018, le nombre d'emplois a progressé de 2,1 %. « 90 % des détenteurs d'un CAP agroéquipement s'insèrent dans le monde professionnel juste après l'obtention de leur diplôme. C'est un excellent chiffre, il faut le diffuser auprès des jeunes », conseille le ministre. Il a également mentionné le lancement d'une vaste campagne de communication sur les formations agricoles lors du Salon de l'agriculture. Pour renforcer l'attractivité de cette filière, mais aussi améliorer l'image globale de l'agriculture, il a conclu en appelant à faire le lien entre agroéquipement, agroécologie et agroéconomie.
Marie-Astrid Batut
