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VŒUX 2017

L’APCA veut peser sur les choix politiques

Claude Cochonneau, fraîchement élu président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA), a présenté ses vœux le 18 janvier. Ce qu’il souhaite pour 2017 : une APCA qui s’exprime quant aux orientations techniques et politiques pour l’agriculture de demain.
L’APCA veut peser sur les choix politiques

Le monde agricole doit tirer des leçons de l'année 2016, « sombre, voire noire », selon les mots de Claude Cochonneau, président de l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture. La crise, favorisée par des aléas climatiques exceptionnels et « un contexte économique désastreux », interpelle, au-delà du contexte conjoncturel, sur les problématiques structurelles, estime le président de l'APCA. « Nos entreprises ne sont pas adaptées pour résister à des cours volatils », a-t-il affirmé le 18 janvier à l'occasion de la présentation de ses vœux à la presse. Et pourtant, il faut s'adapter puisque « l'Europe a détricoté tous les systèmes d'encadrement qui existaient ». Face à ce constat, l'APCA veut jouer son rôle de conseiller aux agriculteurs « dans la conduite de leurs exploitations ». Les exploitations de toutes tailles ont été touchées par la crise : « il n'y a pas une règle qui explique les difficultés ». « Agrandir peut être utile dans certains cas, mais ce n'est pas la solution miracle ! », remarque Claude Cochonneau. L'APCA compte donc travailler à l'identification de systèmes d'exploitation plus résilients. L'assurance multirisque climatique semble être une bonne piste. Mais pour qu'elle soit attractive, il faut qu'elle soit financièrement abordable. Pour qu'elle soit financièrement abordable, il faut que de nombreux agriculteurs y souscrivent. L'APCA s'interroge encore sur l'opportunité d'une assurance obligatoire. « On est partagés, explique Claude Cochonneau. Il faut expertiser les différents scénarios possibles ».

 

Présence politique à tous les échelons

 

L'APCA compte aussi intervenir dans la définition des politiques, du niveau local au niveau européen. Elle poursuit son organisation territoriale en lien avec la loi NOTRe et la mise en place des 13 grandes régions. Le renforcement des compétences économiques des Communautés de communes et des Régions fait de ces collectivités des interlocuteurs essentiels pour l'APCA qui souhaite « se réapproprier les politiques territoriales ». « Si on n'est pas là, ils s'organiseront sans nous ! », prévient Claude Cochonneau, parlant des élus locaux.
Sur la politique nationale, l'APCA a également son mot à dire. Et pour le faire entendre, elle prépare un document listant ses revendications, qu'elle distribuera aux candidats à l'élection présidentielle à l'occasion du Salon de l'agriculture. « On ne peut pas dire qu'on ait été saoulés par les discours sur l'agriculture pendant les primaires ! », constate Claude Cochonneau. Il espère que les candidats à l'élection s'empareront davantage de la thématique agricole. Il attend du prochain président de la République qu'il œuvre en faveur « d'une politique agricole française ambitieuse » et qu'il pèse sur les décisions politiques européennes.

 

Des techniciens mieux formés face à la détresse des agriculteurs

Les techniciens des chambres d’agriculture ont dû, en 2016, jouer en plus de leur rôle traditionnel de conseillers techniques, celui de confident psychologique face à des agriculteurs en détresse. « Nos techniciens ne sont pas formés pour un accompagnement psychologique », reconnaît Claude Cochonneau. Il envisage de combler cette lacune et d’apporter une formation aux techniciens afin qu’ils puissent réagir efficacement dans ces situations. « C’est ce que j’ai dit lors de mes vœux au personnel aujourd’hui », a-t-il déclaré le 18 janvier.