L’élevage, une des priorités de l’Inra
Le nouveau plan d'action horizon 2025 de l'Inra comporte cinq thèmes prioritaires en lien avec la sécurité alimentaire, la multiperformance en agriculture, l'adaptation au changement climatique, le développement de systèmes alimentaires durables et l'optimisation de l'usage des bio- ressources. Après un an de discussion en interne, la communauté scientifique a validé ces cinq volets. Néanmoins, le tout nouveau président-directeur général de l'Inra, Philippe Mauguin, a souhaité aller plus dans le concret, en demandant, notamment, à ce que des études prospectives relatives aux filières d'élevage soient mises en place. « Ce secteur doit relever des défis incroyables. Celui sur le climat avec des objectifs de réduction du bilan carbone. Celui sur la santé avec le caractère cancérigène et enfin sur le bien-être animal. Le 4ème axe, transversal, est celui de l'économie de ces filières », justifie Philippe Mauguin. L'idée, selon ce dernier, étant de développer des filières animales de qualité en réduisant leur impact sur le climat grâce à la génétique (entre autres) et en améliorant leur bilan nutritionnel. « Est-ce qu'on arrivera à faire du bœuf zéro carbone ? Ça va être difficile mais c'est possible de réduire considérablement les effets », assure-t-il. D'autres études, mettant en exergue le lien alimentation-santé-environnement, font également partie des orientations privilégiées. Le budget 2016 de l'Inra avoisine les 880 millions d'euros, provenant à 95 % du financement public. En 2017, Philippe Mauguin annonce une hausse de 2 % des moyens alloués, ce qui permettra de répondre, en grande partie, aux valorisations salariales.
Biotechnologies : aucune prise de position
Interrogé sur la fulgurante émergence des nouvelles biotechnologies végétales (NBT) qui révolutionnent la science ces dernières années, le représentant de l'Inra n'a pas souhaité exprimer de position officielle. « La question n'est pas d'être ou ne pas être OGM. Un comité d'éthique scientifique (réunissant Inra, Cirad et Ifremer, ndlr) s'est saisi du sujet. Il rendra un avis public en 2017 », réagit Philippe Mauguin. En attendant de connaître le cadre réglementaire appliqué, les représentants de l'Inra souhaitent simplement pouvoir utiliser ces nouveaux outils afin de « mieux connaître le vivant ». Plus spécifiquement, sur les OGM considérés comme tels, Olivier Le Gall, directeur général délégué aux affaires scientifiques (Inra) a un avis tranché sur la question, « on a zéro essais OGM aux champs en France. C'est une folie ». Les deux dernières attaques des champs à l'essai (à Colmar et à Orléans), par des militants anti-OGM, ont plus que dissuadé la communauté scientifique de demander les autorisations obligatoires.