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Région

L’horticulture a aussi un plan de filière

La filière horticole reçoit une aide de plus de deux millions d’euros dans le cadre de son premier plan filière au niveau de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

L’horticulture  a aussi un plan de filière

C'est une première : la filière horticole obtient son plan de filière régional. « C'est le premier plan signé avec une Région qui accompagne cette filière, se félicite Jean-Pierre Taite, vice-président chargé de l'agriculture au conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes. Ce sont des activités un peu oubliées de l'agriculture. » La Région a débloqué une aide de 2,265 millions d'euros sur trois ans (2018-2020) à destination des professionnels, « 80 % à destination de l'investissement et 20 % pour le fonctionnement de la filière ». Pour Pascal Bricier, président de la Fédération nationale des professionnels de l'horticulture et des pépinières (FNPHP) au niveau régional, « c'est une reconnaissance de nos élus car nous sommes une filière peu connue, située entre l'agriculture et l'industrie. On embauche beaucoup de main-d'œuvre ».
Initié depuis 2017, le plan filière a été signé officiellement mardi 6 novembre en Isère dans la nouvelle serre de Damien Vivier, heureux détenteur d'un financement du plan filière. « Je n'aurais jamais eu un matériel aussi pointu et une installation aussi qualitative seul », confirme l'horticulteur. Avec une aide de près de 120 000 euros, il a pu financer une pompe d'arrosage moderne et un sol adapté à sa nouvelle serre.

Moderniser la filière

C'est exactement le but de ce plan filière : relancer l'investissement. « On a une mentalité de chef d'entreprise, on se débrouille seul. Mais, avec la concurrence des autres pays européens, c'est devenu compliqué... Depuis quelques années, on n'avait plus de possibilités d'investir et nos infrastructures ne sont plus modernes », déplore Dominique Bonnardon, vice-président de la FNPHP au niveau régional. Le manque de modernisation posait aussi la question de la transmission des exploitations. « Si les outils ne sont pas aux normes, comment peut-on les transmettre ? Comment financer un projet de reprise dans ces conditions ? » interroge Pascal Bricier. « Dans les 10 à 20 prochaines années, nous devons redynamiser les outils de production pour redevenir attractifs », confirme Dominique Bonnardon. Sur le montant de l'aide de 2,265 millions d'euros, un million est déjà alloué à différents projets dans tout le territoire.
Outre l'investissement dans les moyens de production, une deuxième partie du plan filière sera destinée au développement de points de vente directe car « beaucoup commercialisent au détail », explique Dominique Bonnardon. Le troisième volet du plan filière concerne sa promotion collective, notamment à travers la charte d'achat public développée par la FNPHP. « On doit être force de proposition des espèces à mettre en culture », confirme Dominique Bonnardon. Pour Jean-Pierre Barbier, président du Département de l'Isère, le plus dur reste de « réussir à estampiller local une production qui n'est pas alimentaire ». 

Virginie Montmartin