L’irrigation est un facteur essentiel de production
Le printemps 2014 est venu nous rappeler que l'irrigation est un facteur de production essentiel à la conduite des céréales dans notre région : trois irrigations réalisées en avril, mai et juin 2014 sur des expérimentations blé tendre situées sur le site du Créas à Lyon St-Exupéry ont permis un gain de 30 quintaux/ha. D'ici la fin du mois, en fonction de la date de semis, les blés vont atteindre le stade épi 1 cm, stade qui marque le début de la période de haute sensibilité au stress hydrique du blé. Il faudra se tenir prêt pour éventuellement démarrer l'irrigation qui va participer directement à sécuriser le rendement, mais aussi à valoriser les autres intrants, azote et protection de la culture.
Sur les deux sites irrigables, de Lyon Saint-Éxupéry (Rhône) et Étoile-sur-Rhône (Drôme), la pratique de l'irrigation amène régulièrement des quintaux supplémentaires en fonction de la pluviométrie printanière. Les besoins en eau du blé augmentent rapidement du début montaison à sortie dernière feuille, et diminuent progressivement à partir du stade pâteux.
En fonction du climat et de la réserve utile du sol, pluie et irrigation devront couvrir, huit années sur dix, de 1,5 à
2 mm /jour pour la plaine du Forez ou les graviers profonds de Bièvre et de la plaine de Lyon, et de 2 à 3 mm /jour pour les graviers de plaine de l'Ain et les situations les plus méridionales de Rhône-Alpes. Ces valeurs permettent, à l'avance, de caler un tour d'eau et une fréquence de retour. Le blé peut valoriser de 1 à 2,5 irrigations, en moyenne.
L'irrigation pour valoriser l'azote
Il faut environ 15 mm en 15 jours pour mettre un apport d'engrais azoté en solution et permettre son absorption par la plante. À de nombreuses reprises ces dernières années, une irrigation précoce, indépendamment du bilan hydrique, a permis une bonne valorisation du 2e apport d'azote fin mars début avril, y compris en bio avec des fientes ou de la farine de plume.
Elle peut pallier l'absence d'une pluie escomptée après apport et qui n'est pas venue. Cette logique peut aussi s'appliquer au 3e apport.
On constate que, si une année sur deux, il pleut vite après l'apport, les années sèches, il peut y avoir des délais supérieurs à 15 jours après l'apport principal, phénomène moins problématique pour le dernier apport. Une irrigation permettra de mettre vite l'azote à disposition des cultures.
Yves Pousset, Arvalis-Institut du végétal
Quelques conseils pratiques
• Le blé est une culture qui s’implante tôt avec un enracinement profond, on peut apporter de 25 à 50 mm en une irrigation, en fonction de la nature du sol.
• L’irrigation peut sécuriser les rendements à un niveau élevé, en tenir compte pour la dose totale d’azote et la dose au dernier apport (dilution possible qui peut faire baisser le taux de protéine).
• En cas de conflit d’usage, donner la priorité au blé dur sur le blé tendre.
• Anticiper si possible la floraison pour ne pas augmenter la pression fusariose en conditions humides à la floraison.
• Toujours tenir compte des prévisions météo avant de lancer une irrigation, pour ne pas gaspiller d’eau.
• Ne pas hésiter à différer légèrement le début de l’irrigation du maïs pour finir l’irrigation du blé les années difficiles.