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Santé animale

L’usage des antibiotiques en élevage a baissé de 25 % en cinq ans

L’usage des antibiotiques en élevage laitier, notamment, est soumis à un contexte réglementaire dans lequel la filière laitière et les vétérinaires ont intérêt à jouer collectif.
L’usage des antibiotiques en élevage a baissé  de 25 % en cinq ans

«Le contexte réglementaire relatif à l'usage des antibiotiques en élevage laitier continue d'évoluer dans le but, toujours, d'en maîtriser l'usage », a indiqué le docteur Christophe Hugnet, praticien vétérinaire dans la Drôme, à l'occasion d'une conférence organisée par Galilait lors du Sommet de l'élevage.

Une réglementation évolutive

Il y a 15, 20 ou 30 ans, la réglementation était bien différente de celle d'aujourd'hui chargée d'une multitude de textes régissant le médicament vétérinaire. « De nos jours, l'objectif est clairement affiché en élevage : utiliser le moins possible d'antibiotiques sur les animaux », explique Christophe Hugnet. Et d'ajouter : « L'antibiorésistance animale est une préoccupation nationale et internationale. Tous les pays ne sont pas au même niveau de réglementation : certains n'édictent aucun contrôle d'usage des antibiotiques, c'est le cas de l'Inde ; d'autres sont peu vertueux, comme les États-Unis, où les produits sont en vente libre. Par ailleurs se développe le concept One Health (une seule santé) dont le but est de renforcer les liens entre santé humaine, santé animale et gestion de l'environnement. Mais, en réalité, nous sommes tous exposés aux antibiotiques, tout le temps ! »
La connaissance en antibiothérapie a évolué au fil des années, entraînant la mise en place d'un plan national de réduction des risques d'antibiorésistance en médecine vétérinaire pour la période 2012-2017 (plan EcoAntibio). « Les résultats sont révélateurs puisqu'en l'espace de cinq ans nous enregistrons une baisse de 25 % de la consommation globale d'antibiotiques dans le monde vétérinaire, précise Christophe Hugnet. Cela témoigne de la prise de conscience de la part des professionnels en matière d'excès en automédication et d'usage de l'antibiotique. Dans l'usage de l'antibiotique, la règle était d'utiliser vite, fort et longtemps. Aujourd'hui c'est vite, fort et de courte durée. Ainsi, l'exposition aux antibiotiques des denrées issues de l'élevage est réduite pour une efficacité identique et un moindre coût. » Cela montre également les efforts engagés par les filières dans le domaine préventif de l'hygiène et la santé animale, « les filières d'élevage ont elles-mêmes remis en question un certain nombre de leurs pratiques, nutritionnelles en particulier, et environnementales (bâtiment, aération...) afin de diminuer les risques de propagation des infections et donc le recours aux antibiotiques ».

Le sort des antibiotiques « critiques »

Le plan EcoAntibio 2012-2017 fixe également comme objectif de réduire de 25 % en trois ans l'utilisation des antibiotiques qualifiés « critiques » comme les C3G, les C4G (ndlr : Céphalosporine de 3e et 4e générations), les fluoroquinolones et la colistine. « Ces antibiotiques ne pourront plus être prescrits sans prélèvements et examens complémentaires (antibiogramme notamment) justifiant le recours à ces familles. Et la prescription initiale ne pourra pas dépasser un mois. Enfin, elle ne pourra pas être renouvelée sans nouveaux prélèvements et examens. Le non-respect de ces contraintes sera sanctionné jusqu'à deux ans de prison et 150 000 euros d'amende. » 

C. Rolle

 

Galilait recherche les antibiotiques dans le lait
La recherche de présence d’antibiotiques dans le lait permet d’assurer la protection des consommateurs. Producteurs, laiteries, pouvoirs publics et laboratoires sont responsables sur cette question. Le laboratoire Galilait à Clermont-Ferrand met ses compétences à disposition de la filière pour détecter des résidus d’antibiotiques selon des méthodes agréées (méthode microbiologique, méthode chimique de quantification).