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Convention

La chambre d'agriculture rejoint le réseau national Ppam

La chambre d'agriculture et l'Iteipmai ont décidé de renforcer leur collaboration dans le domaine des plantes à parfum, aromatiques et médicinales.
La chambre d'agriculture rejoint le réseau national Ppam

La production de plantes à parfum, aromatiques et médicinales (Ppam) se concentre essentiellement dans le quart Sud-Est de la France. En Rhône-Alpes, la majorité des exploitations est située dans la Drôme. Ce n'est donc pas le fait du hasard si ce département accueille, à Montboucher-sur-Jabron, l'antenne Sud-Est de l'institut technique interprofessionnel des Ppam (Iteipmai). De plus, à la ferme expérimentale de Mévouillon, des conseillers de la chambre d'agriculture mettent en œuvre des programmes d'expérimentation sur les Ppam. Afin de favoriser l'acquisition et la diffusion de références techniques, les deux organismes ont décidé de se rapprocher. Le 24 avril à Montboucher-sur-Jabron, leurs représentants ont officialisé une convention de partenariat. L'objectif est de favoriser les synergies et les complémentarités, ceci dans l'intérêt des producteurs drômois et, plus globalement, de la filière Ppam.

Agir de concert

Ce partenariat concerne la diffusion du « guide Ppam » de la chambre d'agriculture de la Drôme et sa participation au réseau national plantes à parfum, aromatiques et médicinales. Est également prévue la construction conjointe, entre l'Iteipmai et la compagnie consulaire, de programmes de recherche et développement. Les collaborations des deux structures sur le site de Mévouillon sont également précisées. Ainsi, la chambre d'agriculture s'engage à faciliter l'utilisation de la ferme expérimentale par l'Iteipmai et le réseau national Ppam, ceci en lien avec le conseil d'administration de l'Ardema, gestionnaire du site. L'institut technique s'engage de son côté à présenter ses projets à l'équipe Ppam de la chambre d'agriculture. De plus, les deux structures agiront de concert pour mobiliser les moyens financiers nécessaires.

« Ne pas condamner le futur »

Nadine Leduc, présidente de l'Iteipmai, a souligné l'intérêt de construire un tel partenariat afin de « ne pas condamner le futur pour un problème présent, notamment financier. Cela montre notre capacité à mettre en cohérence des moyens scientifiques, à répartir les rôles et les missions, à éviter les doublons, a-t-elle précisé. Au sein du réseau national Ppam, l'Iteipmai et la chambre d'agriculture pourront désormais se concerter sur des appels à projets. »
Alain Aubanel, chargé de la filière Ppam en tant que membre associé de la chambre d'agriculture, a évoqué la force de la compagnie consulaire drômoise, « la seule en France a être dotée d'une équipe de conseillers spécialisés. Aujourd'hui, a-t-il ajouté, nous amplifions le collectif pour apporter encore plus de solutions aux producteurs, notamment vis-à-vis des problèmes sanitaires. Et même si la filière se porte plutôt bien actuellement, il s'agit aussi de tout faire pour résister à la concurrence exacerbée des pays de l'Europe de l'Est. Avec des situations pédo-climatiques différentes, les deux stations, Mévouillon et Montboucher-sur-Jabron, sont complémentaires pour avancer dans la recherche en faveur des productions de montagne et de plaine. »

Complémentarité, réactivité, efficacité

Pour Eric Chaisse, directeur du Crieppam (centre régional interprofessionnel d'expérimentation en plantes à parfum aromatiques et médicinales), « l'arrivée de la chambre d'agriculture renforcera le réseau national Ppam ». Pierre Danelon, responsable de l'exploitation du lycée Terre d'horizon à Romans, a réitéré l'attachement des établissements scolaires au développement de l'expérimentation. Anne-Claire Vial, présidente de la chambre d'agriculture, confiera plus tard l'intérêt de conforter la filière Ppam en répondant au mieux aux attentes de l'amont et de l'aval.
Pour Nadine Leduc et Alain Aubanel, « complémentarité, réactivité et efficacité » fondent le sens de ce partenariat.

Christophe Ledoux

Repères /

13 % des agriculteurs drômois produisent des Ppam

Le département de la Drôme accueille la majorité des exploitations de plantes à parfum, aromatiques et médicinales (Ppam) de la région Rhône-Alpes.
A l'amont, sont recensés 787 producteurs et 6 559 hectares :
- les plantes à parfum (lavandin, lavande, sauge sclarée...) occupent 87 % des surfaces. Est notée une progression du lavandin au détriment de la lavande ;
- les plantes aromatiques (coriandre, basilic, aneth, persil...) occupent 11 % des surfaces et sont en forte progression ;
- les plantes médicinales occupent 4 % des surfaces avec une trentaine d'espèces.
A noter, un quart des surfaces est cultivée en mode biologique (+ 400 % en dix ans).
Les installations dans la filière Ppam se font essentiellement via des ateliers de diversification.
A l'aval de la production, la collecte, la transformation et (ou) la commercialisation se font à travers :
- quatre groupements de producteurs ;
- trente distilleries (dont 12 en cuma) ;
- quatorze négociants ou transformateurs-négociants ;
- environ trente entreprises utilisatrices de Ppam dans les domaines de l'agroalimentaire, la parfumerie et cosmétique, la pharmacie.
Source : chambre d'agriculture de la Drôme