La compétitivité, un enjeu du Crof bovin lait
Le deuxième Crof était en réflexion depuis l'automne 2012, suite aux assises de la filière laitière régionale. « La fin des quotas et ses conséquences devaient être anticipés, notamment la volatilité des cours », a indiqué Alain Trichard, président du Criel Sud-Est. Pour Jean-Jack Queyranne, président du conseil régional Rhône-Alpes, « le Crof est l'expression d'une volonté, celle de préparer l'après quotas, d'en être les acteurs plutôt que de simples spectateurs. La fin de la gestion administrée des volumes de production ne devait en aucun cas conduire à la résignation face au marché, ni à une uniformisation des modes de production ».
Un Crof basé sur 3 axes
Ce deuxième Crof a été construit dans la concertation. « Tous les partenaires de la filière ont apporté leur pierre à l'édifice » a précisé Alain Trichard. Le président du conseil régional a lui aussi souligné « la construction partagée » de ce nouveau Crof et a redit l'engagement de la Région dans cet outil, avec un financement à la hausse par rapport au premier contrat.
Le Crof, doté d'une enveloppe de 1,66 million d'euros, s'articule autour de trois axes. Le premier est le maintien ou l'accroissement de la performance de la filière en optimisant et en sécurisant les systèmes de production afin d'assurer un revenu suffisant aux éleveurs et en apportant un soutien à la modernisation et à l'innovation des exploitations, mais aussi de permettre aux entreprises de l'aval d'optimiser la logistique de la collecte. Le deuxième axe consiste à tirer parti de la diversité des systèmes de production et des terroirs en maintenant un maillage d'exploitations laitières sur l'ensemble du territoire. Le dernier axe est le renforcement des relations de partenariat et de la connaissance de la filière en bâtissant une relation de confiance avec les consommateurs et de réelles concertations stratégiques entre les transformateurs et les organisations de producteurs.
La nécessaire compétitivité de la filière laitière a largement été mise en avant lors de la cérémonie de signature. « Les aides du Crof sont utiles et attendues. En élevage, la compétitivité passe par la modernisation, a insisté Raymond Vial, président de Rhône-Alp'élevage. Elle est nécessaire pour maintenir l'activité et préparer la transmission. Quand les éleveurs seront partis, ils ne reviendront pas. C'est l'occupation du territoire qui est en jeu. S'il n'y a plus d'éleveurs laitiers sur un territoire, il n'y aura plus d'emplois ». Jean-Jack Queyranne a approuvé : « Le Crof et les autres actions du conseil régional visent à accompagner les producteurs, qui sont essentiels pour la vie du territoire. Les agriculteurs doivent pouvoir vivre du fruit de leur travail ». C'est effectivement dans un contexte délicat pour les producteurs laitiers qu'a été signé ce nouveau Crof. Gérard Bazin, président du conseil spécialisé bovin lait de Rhône-Alp'élevage, et Raymond Vial n'ont pas manqué de le souligner. « La production laitière est dans une grande crise, a dit Raymond Vial. C'est intenable pour les producteurs, et encore plus pour les jeunes, d'être payé à ce prix. Beaucoup d'exploitations n'ont plus de revenu et de prélèvement privé ».
Lucie Grolleau Frécon