La densité ne fait pas le rendement en soja
Selon Didier Chollet du Cétiom : « mieux vaut semer dans un sol sain, bien réchauffé mais encore frais, pour avoir une levée franche, rapide et obtenir par la suite un peuplement régulier et un bon développement végétatif. C'est également une parade contre la mouche des semis, les limaces et le sclérotinia en situation contaminée ». Tout n'est pas gagné pour autant. L'an dernier par exemple, le manque de précipitation à l'Est a provoqué des irrégularités en termes de levée et des difficultés pour désherber, voire pour préserver l'inoculum dans le sol. Selon le semoir (à céréales ou de précision), « un écartement de 60 cm serait l'idéal entre précision et capacité de ramification ». Car la plante émet des ramifications. Jouer sur les densités de semis ne se retrouve pas forcément à la récolte en termes de rendement.
En revanche, l'inoculation est nécessaire pour cette légumineuse qui nécessite la présence de rhizobium. Obligatoire même si aucune souche n'est présente dans les sols. L'apport d'un minimum d'azote peut être nécessaire, avant floraison, en cas d'échec de la nodulation, soit moins de 30 % des plantes ayant moins de 5 nodules fonctionnels par plante. L'an dernier « 20 % des parcelles ont eu de graves problèmes d'adventices, induisant des difficultés de récolte ». Côté désherbage donc, pas d'impasse sur le traitement pré-levée même si le Cétiom reconnaît de « réels progrès » pour les traitements en post-levée « qui peuvent être fractionnés ». Cette double "demi-application" a prouvé « son intérêt lors d'un essai contre l'ambroisie et les chénopodes ». En bio, trois outils - herse rotative, herse étrille et bineuse - préservent au même niveau les rendements. Le soja est récolté mûr – quand les graines sonnent dans les gousses et que la plupart des feuilles sont tombées – à une humidité des graines comprises entre 14 et 16 %, « sans chercher les derniers quintaux » pour ne pas risquer de pertes de graines ou de qualité.