La filière des oléagineux impactée par la crise du Covid-19
Lors d'une conférence de presse qui s'est tenue le 10 juin en visioconférence, Antoine Henrion, président de Terres Univia, l'interprofession des huiles et protéines végétales, a dressé un premier bilan positif de la crise du Covid-19 pour ce qui concerne la mobilisation générale des producteurs d'oléagineux, mais aussi des salariés des usines de transformation et de la chaîne logistique, tant pour l'alimentation humaine, que pour l'alimentation animale. « Dans la crise que nous traversons, les agriculteurs comme les salariés ont joué le jeu. Les producteurs ont notamment beaucoup semé au printemps, nous attendons une croissance de la sole en tournesol, en soja et en pois protéagineux », a-t-il précisé. L'activité des usines, même rendue plus difficile avec la pandémie virale, s'est également poursuivie. « L'activité trituration n'a pas faibli, l'alimentation animale a pu être approvisionnée et toute la demande a pu être satisfaite », indique Antoine Henrion. La collecte des graines a été assurée et celles-ci ont pu être transformées. Idem pour l'alimentation humaine, notamment à destination de la grande distribution, même si la fermeture des restaurants a très fortement perturbé les huiles et condiments. Les entreprises ont dû trouver des moyens de stocker les huiles faute de débouchés, les prix ayant chuté dans la foulée de ceux sans précédent des cours du pétrole.

Valoriser les huiles
C'est l'un des effets de la crise du Covid-19. Antoine Henrion le souligne, il y a une « nécessité absolue » de valoriser les huiles pour continuer de produire des tourteaux pour les éleveurs. Même problème pour le diester, le carburant biodiesel incorporé dans le diesel ou utilisé pur pour les flottes de véhicules adaptés. « Les usines fabriquant des esters ont été mises à l'arrêt avec l'effondrement de la demande. Nous avons fait une demande au gouvernement pour une réduction de la taxe sur le diester de colza pour faire face à la situation, nous attendons une réponse rapide à l'occasion de l'examen de la loi de finances rectificative », ajoute le dirigeant. Autre crainte pour la filière, la pression écologique qui pose de plus en plus de problèmes pour la culture du colza et remet en question la capacité à produire, en raison de l'attaque des insectes très difficile à contenir sans l'aide de produits phytosanitaires. La filière appelle le gouvernement à mieux tenir compte de la réalité du terrain, en quelque sorte, et attend toujours le fameux plan protéines promis, il y a des mois par le président de la République et qui tarde à venir. Après avoir fait face à la crise du Covid-19, en avoir subi les surcoûts notamment logistiques - jusqu'à 40 % de hausse de coûts de certains transports - et avoir joué le jeu pour les éleveurs comme pour les consommateurs, la filière a désormais besoin de visibilité pour sortir au mieux de cette pandémie virale.