La filière viticole évoque les sujets d'avenir avec Stéphane Le Foll
L'exposition croissante des viticulteurs aux intempéries, qui ont frappé cette année la quasi-totalité des vignobles français (grêle, gel, sécheresse notamment) a été au cœur de la rencontre entre les représentants de la filière viticole et le ministre de l'Agriculture, son cabinet et son administration, mardi 20 septembre. Les responsables viticoles ont notamment débattu avec le ministre des moyens à mettre en œuvre pour encourager l'assurance-récolte, encore faiblement répandue en viticulture (environ un viticulteur sur quatre). « Nous avons notamment évoqués le coût élevé de la franchise et le seuil élevé de dégâts pour déclencher l'assurance », témoigne Jérôme Despey, le président du conseil viticole de FranceAgriMer. Selon lui, une hypothèse a été évoquée, celle de conditionner les aides OCM au fait d'être assuré. Les deux inspecteurs généraux nommés pour une mission sur l'assurance récolte en agriculture auditeront la filière viticole, a précisé Stéphane Le Foll.
Les vins sans IG ont-ils un avenir en France ?
Les responsables de la production et du négoce ont également évoqué la délicate question des vins sans indication géographique, dont la production en France se heurte à la très vive concurrence des vins d'importation, en particulier espagnols. « J'ai rappelé que le seul moyen selon moi de consolider une filière de vins sans IG, c'est le développement de la contractualisation pluriannuelle et sur le long terme (supérieur à 5 ans) à tous les stades de la production », a indiqué Jérôme Despey. Sur ce point, la filière reste néanmoins divisée, une partie des vignerons français, en particulier en AOP et IGP, estimant que le vignoble français n'a pas vocation à produire des vins à bas coût. Enfin les représentants professionnels ont fait le bilan avec Stéphane Le Foll de la première année d'entrée en vigueur du nouveau système d'autorisations de plantation. Si, selon Jérôme Despey, « la procédure a fait l'objet d'un large consensus dans 95 % des cas », la question de la gouvernance des autorisations nouvelles fait toujours débat. Aujourd'hui pilotée par les Organismes de défense et de gestion, la procédure ne laisse aux interprofessions qu'un avis consultatif, ce que déplore notamment le négoce. « L'idée d'une consultation en amont de la procédure a été évoquée », commente Jérôme Despey. Le président du Conseil viticole de FranceAgriMer a enfin insisté auprès de Stéphane Le Foll sur la nécessité pour le gouvernement français de lancer dès à présent le chantier d'une nouvelle OCM vins, dont la fin de la programmation est prévue au 15 octobre 2018.