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Coronavirus et main-d'oeuvre

La FNSEA demande des «assouplissements» pour ne pas manquer de main-d'oeuvre

La FNSEA appelle l'Etat à «pallier la hausse sensible de l'absentéisme», provoquée par le confinement en réponse à l'épidémie de coronavirus, mais aussi par la fermeture de certaines frontières intra-européennes.
La FNSEA demande des «assouplissements» pour ne pas manquer de main-d'oeuvre

Alors que les récoltes de fruits et légumes de printemps débutent, «les employeurs agricoles manquent de bras», alerte la FNSEA dans un communiqué le 18 mars. Le syndicat appelle l'Etat à «pallier la hausse sensible de l'absentéisme», provoquée par le confinement en réponse à l'épidémie de coronavirus, mais aussi par la fermeture de certaines frontières intra-européennes.

La FNSEA liste donc une série d'«assouplissements temporaires» qui lui semblent «nécessaires». Certains visent à permettre aux salariés déjà présents de travailler plus («adaptations en matière de durée du travail», défiscalisation des heures supplémentaires). D'autres visent à faciliter l'embauche de salariés temporaires, parfois issus de secteurs non agricoles («recours facilités» aux CDD et à l'intérim, «facilitation de la mise à disposition de salariés entre entreprises», «recours à des salariés placés actuellement en chômage partiel» et aux étudiants des établissements agricoles, etc.).

Inquiète pour les salariés en provenance notamment de Pologne et de Roumanie, la FNSEA demande «l'ouverture des frontières pour les travailleurs saisonniers issus de pays membres de l'UE».

 

Interfel veut recruter la main-d'oeuvre manquante chez les pépiniéristes et jardineries

Pour remédier aux besoins de mains-d'oeuvre qui se profilent, Interfel (interprofession des fruits et légumes frais) a proposé au ministère de l'Agriculture de faire appel au personnel des jardineries et pépiniéristes en chômage technique dû au coronavirus. L'idée serait de « faire une proposition de travail » à ces personnels disponibles et qui ont « techniquement une capacité » à travailler dans des exploitations agricoles, explique Laurent Grandin, président d'Interfel.
En plus de leur indemnité d'arrêt versée par la Sécu, ces salariés seraient payés normalement par les entreprises des fruits et légumes. « On souhaite que les compléments de revenus donnés à cette occasion puissent être cumulés avec les indemnités », ajoute M. Grandin. Reste un frein juridique à lever : « On demande que y ait la possibilité d'une forme de transfert de contrat, au moins temporaire, sans que ce soit considéré comme  un délit de marchandage », précise-t-il. À l'heure où ces lignes sont écrites, Interfel attendait une réponse du ministère à ce sujet incessamment sous peu.
Le même dispositif pourrait-il s'appliquer plus largement ? C'est le souhait de Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, qui appelle à « assouplir les formalités pour qu'un salarié aie plusieurs employeurs ». On pourrait ainsi imaginer « qu'un chauffeur livreur qui est au chômage technique puisse ramasser des fraises pendant quelques heures » ou encore que « des chauffeurs de cars scolaires puissent conduire des camions ».

 

8,5 milliards d’euros sur deux mois pour financer le chômage partiel

Les pouvoirs publics prévoient de débloquer 8,5 milliards d’euros pour financer le dispositif « exceptionnel » de chômage partiel, élargi pour faire face à l’épidémie de coronavirus. Selon le projet de budget rectificatif présenté au Conseil des ministres le 18 mars, il permettrait de couvrir « 15 % des heures travaillées sur une durée de deux mois ». Dans le détail, l’État y participera à hauteur de 5,5 milliards, l’Unédic finançant le tiers restant.
Dans le détail, le régime d’activité partielle prévoit que « le contrat est suspendu, l’entreprise paie 70 % du salaire et le ministère du Travail rembourse [une partie] », expliquait le ministre de l’Économie Bruno Le Maire le 9 mars. Avec la montée en puissance du dispositif, la prise en charge moyenne par les pouvoirs publics atteint « 13,9 € par heure chômée, dont 9,3 € payés par l’État et 4,6 € par l’Unédic », précise l’AFP. Soit presque le double du niveau remboursé avant l’épidémie (7,7 €). La stratégie du gouvernement « rompt avec des décennies d’économie française où, lorsqu’il y avait une crise économique, on se séparait des salariés », a défendu Bruno Le Maire le 17 mars, précisant qu’elle visait à « redémarrer l’économie le plus rapidement possible ».
Par ailleurs, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a indiqué le 15 mars sur LCI qu’elle avait autorisé le travail du dimanche dans le secteur de la logistique afin d’approvisionner notamment les magasins alimentaires, en pleine crise du nouveau coronavirus