La passion de la génétique récompensée
Autrefois dédié aux bovins, le Gaec des Isles s'est recentré sur l'élevage caprin de race saanen dans les années 1990. Xavier Goy, installé depuis 1982, a été rejoint par son frère, Didier, en 1995. « Nous avons commencé avec 250 chèvres puis nous avons monté le troupeau progressivement à 400 bêtes », expliquent les éleveurs dont le lait est livré à Valcrest.
En 2000, le Gaec a fait appel aux services de Capgènes afin d'améliorer ses performances génétiques. Aujourd'hui, les résultats sont probants avec 1 120 litres, 34 g/ kg de TP(1) et 36,5 g/ kg de TB(2). « Nous avons un potentiel de près de 1 300 litres », estime Xavier Goy. Avec un index de production caprine (IPC) moyen de 125 et 7 % des femelles classées à très haut potentiel de production, le Gaec des Isles est l'une des exploitations leaders en la matière dans la Drôme et au-delà. Leurs progrès sont constants. Sur les quatre dernières années, l'index combiné caprin (ICC) et l'IPC n'ont cessé de grimper. « Ils enregistrent des progrès continuels à chaque génération, c'est assez remarquable », note Nathan Pouliquen, technicien du contrôle laitier drômois.
Autre point fort, le domaine travaille b
eaucoup en lactation longue et lactation continue, aussi bien involontaire que voulue pour des chèvres plus âgées. « Nous ne cherchons pas les pics de lactation qui usent les chèvres mais plutôt la régularité en maintenant la ration(3) », témoignent les éleveurs.
98 % de chèvres filliées
La stratégie génétique est au cœur de la gestion du troupeau. Ici, 98 % des chèvres sont filliées, ce qui est bien au-dessus de la moyenne départementale (65 à 70 %). « C'est un atout majeur. Cela leur donne une très bonne visibilité sur les origines de leurs chèvres, analyse Nathan Pouliquen. Ils progressent ainsi plus rapidement ».
Xavier Goy ne cache en effet pas sa passion pour la génétique. « Je pense tout le temps à faire des combinaisons, avoue l'éleveur. Je trie les boucs en fonction des variabilités génétiques. Je veux des boucs avec un bon index mais avec le moins de parenté avec le troupeau. Le plus souvent, les meilleures laitières sont celles qui ont le meilleur index. Mais il faut du temps pour arriver à un bon résultat. »
Le pourcentage d'insémination artificielle s'élève à 61 % sur un effectif total de 405 chèvres. « Mais ils gèrent aussi très bien les saillies naturelles. Ils ne laissent rien au hasard. Ils choisissent le bouc, la chèvre pour avoir tel résultat », souligne pour sa part Antoine Gourdon, technicien de Capgènes.
Ce savoir-faire reconnu permet à l'élevage de vendre toutes ses chevrettes à un bon prix, même en année difficile. Car la génétique, parfois vécue comme une contrainte, est un investissement clé pour la rentabilité d'une exploitation. « Parfois, les jeunes qui s'installent investissent beaucoup sur le matériel et peu sur le troupeau. C'est une erreur de commencer sans génétique », glisse Xavier en guise de conseil aux futurs éleveurs.
Un bouc au catalogue

Cette année, la famille Goy a eu la fierté d'avoir un bouc d'insémination artificielle inscrit au catalogue de l'organisme de sélection. « C'est le fruit d'un long travail. La preuve de la qualité d'ensemble du troupeau. » Une vingtaine de chèvres de l'exploitation ont aussi été retenues pour le prochain programme d'accouplement. « Il y a peu d'éleveurs aussi passionnés et aussi pointus », conclut Antoine Gourdon.
D. Bessenay
(1) TP : taux protéique.
(2) TB : taux butyreux.
(3) La ration est composée de 700 grammes de fibre énergétique, 600 g de maïs, 200 g de tourteaux et 200 g de luzerne déshydratée.
L'insémination caprine en Drôme-Ardèche
- Variation nationale du nombre de chèvres inséminées 2014/2013 : + 1,5 %.- La zone couverte par l'Ucear (quart Sud-Est de la France) représente 10,67 % des inséminations artificielles (IA) caprines réalisées dans toute la France, soit 7 358 IA en élevage caprin sur cette zone, en recul de 2,1 % par rapport à 2013.
- En Drôme : en 2014, les IA caprines sont en baisse de 2,6 % (1 874 chèvres inséminées pour 46 élevages) par rapport à 2013.
- En Ardèche : en 2014, les IA caprines augmentent de 2,3 % (2 029 chèvres inséminées chez 60 élevages) par rapport à 2013.
- Taux de réussite en race saanen sur la zone d'activité d'Eliacoop : 64,6 %.
- Taux de réussite en race alpine sur la zone d'activité d'Eliacoop : 66,7 %.