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La pression des campagnols étudiée en Rhône-Alpes

Depuis plusieurs années, la Région Rhône-Alpes est de plus en plus concernée par le campagnol terrestre. Cet automne, le réseau d’observation de la FDGDon a suivi 304 communes. À l’automne 2015, l’Ain, l’Ardèche, la Savoie et l’Isère sont particulièrement touchés.
La pression des campagnols étudiée en Rhône-Alpes

Le campagnol terrestre est un petit rongeur souterrain herbivore qui se nourrit de racines charnues. Il apprécie les racines de pissenlits, de légumineuses, les bulbes et les rhizomes ainsi que des végétaux qu'ils stockent pour l'hiver dans ses galeries. On détecte sa présence dans le sous-sol par les petits monticules de terre proches les uns des autres qu'il laisse à la surface. Ce petit rongeur dispose d'une capacité de reproduction explosive. Deux individus au printemps peuvent être à l'origine d'une centaine d'individus en octobre, d'où la nécessité de les détecter tôt pour lutter au printemps contre leur présence.
Le campagnol sous surveillance
Le réseau d'observation de la FDGdon a suivi 304 communes à l'automne 2015 dans la région Rhône-Alpes pour dresser une cartographie de l'activité des campagnols. Les observations ne sont pas exhaustives d'où la recherche par la FDGdon d'observateurs afin de couvrir une surface plus importante et d'avoir ainsi une meilleure lisibilité de la situation des campagnols.
Les conditions climatiques de cet été et de cet automne ont rendu difficile la détection de l'activité des campagnols du fait des sols secs.
« Plutôt que d'extraire la terre sous forme de tumuli, les campagnols ne trahissaient leur présence que par des trous de surface, rendant plus difficiles les notations, souligne la FDGdon. Cette donnée est à prendre en compte dans les notes attribuées aux communes. » Pour cet automne, les communes ont été suivies par les agriculteurs du réseau d'observation (51 %) et les techniciens de la FDGdon. La méthode utilisée est celle du scoring : notation à l'échelle de la commune. En termes d'observation, le réseau a collecté au total pour l'année 2015 : 952 données, dont 321 concernant le degré d'infestation de la taupe.
65 % des communes faiblement infestées
Sur la majorité des communes (65 %), le degré d'infestation en campagnols est de « très faible à localisé » (note de 1 et 2), c'est la phase de lutte précoce. La note 3 représente 26 % des communes, ce chiffre est assez important, cela exprime une infestation localisée et une phase où la situation devient plus difficile à maîtriser. Au-delà, la situation est très critique, c'est la phase de pullulation qui concerne 9 % des communes observées.
Dans l'Ain, l'évolution de la population de campagnols entre l'automne 2014 et l'automne 2015 est contrastée en fonction des communes. 84 % des communes suivies ont un scoring entre 2 et 3, signe d'une infestation faible à localisé qu'il est possible de contenir. 15 communes voient la population de campagnols augmenter contre 24 qui enregistrent une baisse. Huit communes ont atteint le stade 4 où le nombre de campagnols devient important et difficile à contenir. À ce stade, les prairies subissent des dégâts importants.
En Drôme et Ardèche
En Drôme, 18 communes ont été suivies. La particularité du département est d'être concerné par une autre espèce de campagnol, le campagnol provincial, sur les trois quart sud du département. « Les vergers d'abricotiers et cerisiers ont subi des dégâts important cette saison, notamment dans le Sud-Drôme », note le Bulletin « Flash campagnol ».
En Ardèche, 45 communes ont été suivies dont un tiers a été noté 3 à 4, signe d'une infestation localisée à importante. Les communes les plus touchées se situent dans l'ouest du département autour de Saint-Cirgues-en-Montagne.

Dans la Savoie, la présence des campagnols est moins visible dans 15 communes sur 38 suivies, « peut-être à cause d'un manque de pluie » s'interroge le Bulletin « Flash campagnol ». Cinq communes voient leur scoring augmenter de 3 à 4. En Haute-Savoie, sur les 18 communes observées, 44 % sont notées de 3 à 4 et 56 % ont une note de 1 à 2.
En Isère, sur les 60 observations réalisées en octobre novembre, 82 % des communes ont une note de 1 et 2, infestation très faible à faible. 11 communes ont une activité campagnol en hausse. Dans la Loire, c'est la zone du Pilat qui connaît une augmentation de ses populations, tandis que le Forez reste une zone à risque élevé. Dans le Rhône, les monts du Beaujolais sont les plus touchés. Les dégâts de campagnol terrestre sont peu visibles en prairies mais on nous a rapporté des dégâts important en vergers (notamment dans les Monts du Lyonnais). n