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Elevage et prédation

La profession agricole rappelle l'urgence d'aboutir au " zéro attaque " du loup

Si le gouvernement a mis en place un plan loup 2018-2023 l'année dernière, les pouvoirs publics reconnaissent l'importance de prendre des mesures supplémentaires face à une expansion qui semble incontrôlée. À l'occasion du groupe national loup, le 15 février, la profession agricole a rappelé l'urgence de la situation et réitéré ses propositions pour qu'il n'y ait plus aucune attaque sur les troupeaux.
La profession agricole rappelle l'urgence d'aboutir au " zéro attaque " du loup

Le 15 février, le groupe national loup, présidé par le nouveau préfet coordonnateur Pascal Mailhos, s'est tenu à Lyon en présence des différents acteurs concernés, notamment le CAF loup (FNSEA, JA, FNO, FNB et APCA). Une réunion qui a été l'occasion, pour le gouvernement, de dresser un premier bilan du plan loup 2018-2023. Alors que le seuil de viabilité de 500 loups, fixé par le plan biodiversité, a été atteint dès la fin 2018, le préfet a fait un point sur la prédation : cinq régions et 23 départements concernés par la mise en place de la protection, soit 24 M€, auxquels s'ajoutent 139 000 € dédiés aux crédits d'urgence et 3,4 M€ pour l'indemnisation des dégâts. Mais au regard du nombre d'animaux d'élevage tués, toujours en augmentation (12 231 bêtes en 2018), le préfet a rappelé l'urgence d'amender le plan loup avec des objectifs plus ambitieux. Il propose, entre autres, la création d'une nouvelle zone de gestion en 2019, correspondant au cercle 0, la mise en place d'un droit de gardiennage permanent en cercle 0, l'introduction d'un premier niveau de protection dans les communes contiguës aux communes classées en cercle 2, la création d'un dossier unique - mesures de protection et tirs de défense - pour simplifier les démarches administratives, et un dispositif forfaitaire ou d'avance pour les
mesures de protection en cercle 0 ou 1 et pour les indemnisations de dommages en cercle 0, ainsi que l'augmentation du plafond de prélèvement sans remettre en cause le seuil de viabilité du loup et la simplification des tirs de défense.

Le 15 février, le groupe national loup, présidé par le préfet coordonnateur Pascal Mailhos, s’est tenu à Lyon en présence des différents acteurs concernés, notamment le CAF loup.

« Entendre la douleur des éleveurs »

La FNSEA, JA, la FNO, la FNB et l'APCA ont rappelé leurs propositions, en amont et au cours de la discussion, pour amender le plan loup et arriver au « zéro attaque » sur les troupeaux (voir encadré). Les participants ont également déploré le manque de transparence sur le coût réel engendré par la prédation, notamment en ce qui concerne la gouvernance, la gestion des dossiers, les analyses génétiques, etc. Les conditions de vie des bergers ont également été évoquées au regard du droit du travail et de la vie de famille, puisque ces derniers surveillent les troupeaux 24h/24. Au-delà des impacts économiques sur l'activité d'élevage, les représentants des éleveurs ont également souligné, lors de la rencontre et dans un communiqué diffusé à l'issue, que « cette situation catastrophique traumatise les éleveurs et leurs familles, saigne les économies locales et accentue la désertification des territoires ruraux ». Face à l'entêtement « particulièrement assourdissant » du ministère de la Transition écologique, les organisations demandent au gouvernement d'entendre la douleur des éleveurs et des élus des communes pastorales. L'atteinte de l'objectif du « zéro attaque » sur les troupeaux passera nécessairement, ont-elles rappelé, « par une simplification des tirs de défense et de prélèvement pour permettre à toutes les éleveuses et à tous les éleveurs, sur tous les territoires, de défendre leurs animaux contre le loup à l'aide des louvetiers et des chasseurs ». L'urgence est d'autant plus forte que, comme l'a montré l'attaque d'un loup abattu par les gendarmes à Bormes-les-Mimosas, le 14 février, le loup n'a désormais plus peur de l'homme et pousse la prédation jusqu'aux portes des villes. 
Delphine Jeanne

 

Les positions de la FNSEA et du CAF loup 

- Zéro attaque sur les troupeaux.
- Un droit permanent pour tous les éleveurs, sur tous les territoires, de défendre leurs troupeaux contre le loup, sans plafond.
- Aucun plafond annuel de prélèvement de loups.
- Des tirs de défense et de prélèvement valables toute l’année et sur tous les territoires.
- L’ouverture du financement des mesures de protection à tous les animaux domestiques, quels qu’ils soient, et sur tous les territoires.
- Le versement d’acompte aux éleveurs pour les mesures de protection engagées.
- L’autorisation pour les éleveurs d’user d’armes de tir à visée nocturne.
- L’ouverture de la notion de « zone difficilement protégeable » sur tout le territoire national, y compris dans les foyers historiques de prédation.
- Le refus de toute conditionnalité des indemnisations à la mise en place préalable de mesures de protection.
- L’ouverture de la réglementation dans les cœurs de parc nationaux en autorisant les tirs de défense et de prélèvement.
- Le financement de tous les coûts liés à la protection du loup (indemnisation contre les attaques, mesures de protection des troupeaux, constats, analyses…) sur le budget du ministère de l’environnement et les fonds de l’Union européenne autres que le Feader.
- L’engagement de la France à porter la révision du statut du loup dans la directive Habitats et la convention de Berne.