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Emploi et formation

La profession agricole s’engage dans un Pacte de responsabilité

Dans le cadre de l’agenda fixé par le Pacte de responsabilité, les organisations patronales de l’agriculture, dont la FNSEA, se sont engagées à augmenter le nombre de CDI de 5 % d’ici 2017, notamment par le développement de l’emploi en groupements d’employeurs. Pour les organisations syndicales signataires, il s’agit de « déprécariser » le salariat agricole.

La profession agricole s’engage dans un Pacte de responsabilité

Après huit mois de négociations, la branche production agricole – 1,2 million de salariés en France – a signé, le 15 avril au siège de la FNSEA, un accord relatif au Pacte de responsabilité. En contrepartie des allégements de charges accordés aux entreprises (comme le CICE), le gouvernement avait demandé aux branches de négocier des contreparties en termes d'emploi. Paraphé notamment par la FNSEA, du côté des exploitants agricoles, et par la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC, du côté des salariés agricoles, l'accord pour l'agriculture fixe comme objectif aux professionnels d'atteindre l'effectif de 325 000 contrats à durée indéterminée (CDI) d'ici fin 2017, soit une hausse de près de 5 % en trois ans. « C'est possible d'y parvenir, car les entreprises agricoles vont retrouver de la compétitivité, grâce aux dispositifs du Pacte de compétitivité », a expliqué Éric Pommageot, secrétaire national de la FGA CFDT. Pour parvenir à cet objectif, les signataires parient notamment sur les groupements d'employeurs, comme « levier de pérennisation de l'emploi ». L'idée est de parvenir, en se regroupant, à créer un CDI, là où il y avait auparavant plusieurs CDD chez plusieurs agriculteurs. « Nous allons faire une grande campagne de promotion sur ce thème », annonce Jérôme Volle, vice-président de la commission emploi de la FNSEA. « C'est une revendication historique de la CFDT. Nous souhaitons développer les groupements d'employeurs pour déprécariser les emplois, convertir des CDD en CDI », explique Éric Pommageot.

Maintien de l'alternance

L'accord mise aussi sur le développement de l'alternance et de la formation, et sur l'amélioration de l'attractivité du métier (logement, transport, garde partagée...). Le secteur agricole s'engage par exemple à maintenir le nombre d'alternants (conclusion de 41 300 contrats d'apprentissage par an sur 2015-2017), à développer le congé individuel de formation des CDD (CIF CDD), afin d'atteindre 500 stagiaires par an. Il demande également à l'Anefa le lancement d'une nouvelle campagne de promotion des emplois agricoles et de l'alternance. Au niveau du pays, une quinzaine de branches seulement sont parvenues jusqu'ici à trouver un accord. « C'est le premier concernant les TPE (très petites entreprises), précise le président de la FNSEA, Xavier Beulin. Un marqueur du secteur est la qualité du dialogue social, il est constant et historique ». Un comité paritaire de suivi a été créé pour évaluer l'avancée des mesures annoncées.

Des demandes aux pouvoirs publics

L'accord comprend également des demandes à destination des pouvoirs publics, dont l'aide est attendue, notamment pour développer l'attractivité du secteur : « Des dispositifs restent à construire, et je lance un appel aux pouvoirs publics en matière d'accès au logement, de transport ou de garde d'enfants », a expliqué Xavier Beulin. En matière de logement : « Il y a trop peu d'offre dans certaines zones, de la concurrence avec le tourisme dans d'autres », explique Éric Pommageot. Les organisations souhaiteraient que le milieu rural puisse plus facilement bénéficier du 1 % logement, dont les logements sociaux sont absents des communes de moins de 3 500 habitants. En matière de garde d'enfants, elles souhaitent que l'employeur ait la possibilité de prêter des locaux pour pouvoir assurer l'organisation d'une garde collective, prendre en charge le coût d'une assistance maternelle ou autre personnel d'accueil des jeunes. Un agenda social a par ailleurs été fixé, afin de poursuivre les négociations. Il porte sur le développement des services et des prestations d'actions sociales et culturelles, sur le logement pour les salariés agricoles (permanents, CDD, saisonniers), et sur les classifications et l'apprentissage. 

 

Coup de pouce à l'apprentissage /
Dès la rentrée prochaine, les entreprises de moins de onze salariés pourront embaucher gratuitement des apprentis mineurs, leur salaire étant « pris en charge par l’État », a indiqué, le 20 avril, le ministère du Travail, précisant une mesure dévoilée le 19 avril sur Canal + par François Hollande. Dans le cadre du Pacte de responsabilité, le secteur agricole s'est engagé, le 15 avril, à maintenir un niveau de 41 300 contrats d'apprentissage conclus par an sur 2015-2017. Les employeurs d'apprentis sont déjà exonérés de cotisations, à l'exception de celles dues au titre des accidents du travail et des maladies professionnelles.
Par ailleurs, deux décrets concernant l'apprentissage sont parus, le 19 avril au journal officiel, qui étaient très attendus par la profession agricole. Le premier, surnommé « décret escabeaux », va permettre aux apprentis de réaliser des travaux en hauteur (échelles, escabeaux, marchepieds...). Le second, surnommé « machines dangereuses », simplifie la procédure de dérogation pour permettre à des apprentis mineurs des travaux dangereux. « Ces nouveaux textes sont un signal important pour de nombreux secteurs d’activité qui avaient renoncé à accueillir des jeunes apprentis mineurs en formation au regard des contraintes fortes qui leur étaient imposées depuis 2013 », a réagi le Medef dans un communiqué, le 20 avril.