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Filière bio

La viande bio ne connaît pas la crise

Après une première enquête lancée en mars 2015 sur « les français et la consommation de viande bio », un deuxième sondage, mené en mars 2016 par la Commission Bio d'Interbev avec l'appui de l'Ifop et révélé le mardi 12 avril, confirme l'engouement des consommateurs pour ce produit. En 2016, 70 % des français interrogés déclarent ainsi, manger de la viande bio, soit un bond de +11 points par rapport à 2015 (59 %).
La viande bio ne connaît pas la crise

Les Français sont de plus en plus consommateurs de viande bio. C'est ce que révèle le tout dernier sondage présenté le mardi 12 avril par la commission Bio de l'association nationale interprofessionnelle du bétail et des viandes (Interbev). Cette enquête indique que 70 % des personnes interrogées affirment manger de la viande bio contre 59 % l'an passé, soit une progression nette de +11 points. Le bien-être animal constitue le premier critère avancé par les consommateurs pour expliquer leur choix. S'en suit les bénéfices sur la santé, une meilleure rémunération des producteurs, un acte citoyen, une qualité du goût supérieure et enfin un simple phénomène de mode. Ces bons chiffres sont dus en partie, d'après Philippe Cabarat président de la commission bio d'Interbev, au travail réalisé par les éleveurs, « en 2014, l'Agence bio a recensé que près d'un agriculteur bio sur trois était un éleveur en France ». En outre, le traditionnel « frein » du prix perdrait du terrain selon Denis Lerouge, responsable des études chez Interbev, « en 2016, 60 % des Français sondés se disent prêts à payer plus cher. Ils étaient 50 % l'an dernier ». Pour les Français qui déclarent ne pas du tout consommer de viande bio, le prix trop élevé reste le premier argument de blocage. Les manques d'intérêt et de disponibilité complètent le podium des raisons invoquées. « On est sur un écart de prix entre bio et conventionnel de l'ordre de 15 % basé sur les prix de revient et les coûts des circuits de distribution », note Franck Bardet, directeur des filières animales chez Biocoop. Côté producteur, la bio, explique Jean-François Vincent, président de Biocentre et éleveur d'ovins et de porcins, ne permet pas sur la longue durée d'établir pour le producteur un revenu supérieur au conventionnel, mais « elle permet de stabiliser le marché et d'éviter ainsi les crises ». L'optimisme est affiché pour l'avenir. « On sait que la production va augmenter de façon importante. Les conversions correspondent à une demande. C'est une filière qui se structure et qui travaille ensemble », conclut Philippe Cabarat insistant sur des efforts à fournir dans les secteurs de la boucherie, des magasins spécialisés, de la restauration collective et du développement de la filière « veau sous la mère ».

Secteurs bovin et porcin bio

En 2015, le nombre de conversions en bovins allaitants bio a progressé de manière exponentielle en comparaison de 2014. « En 2015, cela a représenté 570 élevages allaitants nouvellement convertis soient 24 000 vaches », déclare Jean-François Deglorie, animateur technique à la commission bio d'Interbev. Pour donner un ordre de grandeur, cette hausse correspond à 20 % du cheptel bio et conventionnel confondu de l'année 2014. Dans la filière porcine en revanche, les conversions sont plus compliquées. Pourtant la demande, évoque Jean-François Vincent, est forte mais les différences entre fermes bio et conventionnelles sont notoires. « L'élément le plus important c'est le logement. Les porcs nécessitent trois fois plus d'espace, ce qui signifie un engraissement plus cher. On n'a pas le droit à plus d'un traitement par an sur toute la durée de vie d'un cochon », énumère-t-il. Des différences également présentes en matière de sevrage, d'intensification de la production et d'alimentation.

Saisonnalité et agneaux bio

« Le cahier des charges en bio concernant la saisonnalité des productions ne répond pas aux mêmes exigences que le conventionnel » souligne Jean-François Vincent. Ce qui explique une faible production d'agneaux bio au début du printemps, à une époque où la demande est forte (Pâques). Des « caisses de désaisonnement » ont été instaurées afin d'inciter financièrement (de l'ordre de 40 centimes d'euros le kilo) les éleveurs à produire au premier semestre de l'année. Pour se faire, ils peuvent choisir des races particulières. « On peut également jouer sur la luminosité pour que les brebis rentrent en chaleur en mars » ajoute Marc Pousin, éleveurs de bovins, ovins et volailles bio.

 

Chiffre d’affaires des différentes viandes bio en France entre 2012 et 2014 

En viande bovine bio, la consommation française, en terme de chiffre d’affaires, est passée de 169 millions d’euros (M€) en 2012 à 205 M€ en 2014. Pour la viande porcine, celle-ci a augmenté sur la même période de 63 M€ à 66 M€. Concernant la viande d’agneau, le chiffre d’affaires a cru de 37 M€ à 42 M€. En charcuterie salaison, la progression est marquée, passant de 76 M€ à 96 M€. Au total, entre 2012 et 2014, le chiffre d’affaires des consommations de viandes bio s’est apprécié de près de 19 % atteignant un montant en 2014 de 409 M€, à comparer aux 4,83 milliards d’euros totaux générés par la consommation de produits bio en France.