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Commission européenne

Lait : Bruxelles ne brade pas ses stocks

La Commission européenne qui a mis en vente près de 22 000 tonnes de poudre de lait écrémé issues des stocks d'intervention publics a repoussé toutes les offres qui lui ont été soumises, estimant qu'elles étaient trop basses et risquaient de mettre à mal la reprise actuelle des cours.
Lait : Bruxelles ne brade pas ses stocks

Sur les 21 963 tonnes de poudre de lait écrémé mises en vente jusqu'au 3 janvier, issues des stocks publics, la Commission européenne a réussi à trouver preneur pour... aucune. Des offres ont été reçues dans huit États membres pour une quantité totale de 11 914 tonnes à des prix allant de 165,1 à 196,10 euros/100 kg, mais Bruxelles les a toutes repoussées, estimant qu'elles étaient au-dessous des cours actuels (210 euros/100 kg en moyenne). Seules 40 tonnes avaient été vendues lors du premier appel d'offres bouclé le 20 décembre. Mais la Commission continue de mettre ces quantités à la vente. Prochaine échéance : le 17 janvier. Pour les organisations et coopératives agricoles de l'UE (Copa-Cogeca), la Commission ne devrait de toute façon pas mettre ces stocks sur le marché alors que le prix du lait repart à la hausse depuis seulement 5 mois. Les experts des États membres ont « unanimement soutenu la proposition de la Commission et ont estimé qu'elle faisait preuve de prudence, en évitant ainsi les perturbations sur les marchés, en rassurant ces derniers et en faisant justement attention de ne pas mettre en danger la reprise à la hausse des prix », a indiqué Bruxelles. Selon les dernières estimations en date du 5 janvier, le prix du lait progresserait de 1,3 % en décembre après des hausses de 5,7 % en novembre et 7,6 % en novembre. Le prix du beurre a, lui, atteint 430 euros/100 kg au 1er janvier (+ 45 % sur un an) dépassant le précédent record qui datait de fin 2013. Mais les cours des autres produits laitiers (poudre, cheddar, emmental), même s'ils augmentent depuis mi-2016, sont encore nettement au-dessous des niveaux records de 2013 et 2007.

 

Encore en crise

 

Le Copa-Cogeca demande, dans une lettre adressée au directeur général de l'agriculture de la Commission, que les fonds qui pourraient rester du plan d'aide à la réduction de la collecte laitière servent à distribuer gratuitement des produits laitiers aux personnes démunies dans le cadre du programme d'aide alimentaire, voire dans les écoles, pour soutenir encore plus fortement la reprise. En effet, si les éleveurs n'atteignent pas leurs objectifs de réduction de production au bout de la période de trois mois sur laquelle ils se sont engagés en contrepartie d'une aide (150 millions au total dans l'UE), il pourrait rester de l'argent. Le Copa-Cogeca suggère même d'utiliser les stocks publics pour mener ces actions.