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Innov'action

Lavandes et lavandins : des pratiques culturales innovantes

Dernièrement, des conseillers de la chambre d'agriculture de la Drôme ont présentés les dernières innovations techniques testées sur lavande et lavandin à la ferme expérimentale de Mévouillon.
Lavandes et lavandins : des pratiques culturales innovantes

Dans le cadre de l'opération Innov'action, une dizaine de producteurs se sont retrouvés, jeudi 29 octobre sur la ferme expérimentale Ardema (Association de recherche et de développement en économie montagnarde agricole), à Mévouillon. Ils étaient venus y découvrir les dernières innovations en lavande et lavandin. La présidente de l'Ardema, Nathalie Gravier, a présenté cette ferme expérimentale, unique en France, consacrée à l'expérimentation agronomique en zone de montagne sèche. Propriété du Conseil départemental et gérée par la chambre d'agriculture, cette ferme produit des références techniques sur les Ppam, les fourrages, le petit épeautre, les cultures de diversification (cameline...). Les essais sont financés par la Région (Pep arômes et parfums) et par FranceAgriMer. Trois conseillers de l'équipe Ppam de la chambre d'agricultyure se sont relayés pour montrer les dernières innovations en lavande et lavandin.

Fertilisation alternative en lavandin

Cédric Yvin a présenté les résultats de l'essai "fertilisation alternative en lavandin" dans lequel sont comparés, depuis 2010, cinq modalités de fertilisants organiques à une référence minérale (15-15-15). Après six années de récolte, les modalités « fertilisant organique
8-12-0,5 + phytostimulant Santalg » et « fertilisant organique 8-12-0,5 » donnent le même niveau de rendement cumulé en huile essentielle que la référence minérale. Ce résultat prouve que l'on peut avoir le même rendement en agriculture biologique qu'en agriculture conventionnelle. Par contre, les modalités « pailles de lavande distillées », « compost de pailles de lavande distillées » et « BRF » entraînent une baisse de rendement en huile essentielle de 25 % en moyenne. Un bilan technico-économique sera réalisé par modalité et cet essai sera suivi pendant encore quatre ans, afin d'atteindre dix années de résultats.

Lavande bleue sous filet anti-insectes

Pierre-Yves Mathonnet a détaillé un nouvel essai de production de lavande bleue sous filet anti-insectes, destiné à lutter contre le dépérissement à phytoplasme, fléau pour la filière. Deux modalités couvertes sous filet « avec toit » et « sans toit » (2,5 mètres de haut) sont comparées à un témoin non couvert. Le toit représentant la moitié du coût de la couverture des plants, l'idée est d'évaluer l'efficacité d'une protection sans toit, basée sur des résultats de piégeage montrant que la cicadelle Hyalesthes obsoletus vole majoritairement bas, à hauteur des plants. Les plants de lavande ont été plantés « au carré » (espacés d'un mètre dans les deux sens) afin de maximiser le nombre de bouquets produits par plante. Les premiers résultats seront disponibles à partir de 2016.

Semis direct de graines de lavande fine

Un nouvel essai de production de lavande bleue sous filet anti-insectes (lutte contre le dépérissement à phytoplasme) a été décrit.

Anne Court a expliqué la technique du semis direct de lavande, visant à lutter contre le dépérissement à phytoplasme. L'essai « itinéraires techniques alternatifs » conduit sur la ferme Ardema a montré que les plants issus de semis direct étaient moins sensibles à la maladie et avaient une longévité et une production en huile essentielle supérieures par rapport aux plants repiqués (racines nues comme mini-mottes). Un autre essai a permis de déterminer la densité optimale de semis : 2,5 kg/ha pour de la semence certifiée et triée à la table densimétrique (Rapido ou Carla ou Sara). Pour de la semence non certifiée, la densité idéale est au moins de l'ordre de 5 à 7 kg/ha, selon le taux de germination. Le semis direct de lavande est donc une réelle alternative au dépérissement. Aussi, la chambre d'agriculture poursuit l'accompagnement des producteurs dans cette technique en développant, en partenariat avec le CIHEF*, une production de graines de qualité et à coût modéré. Mais aussi en installant un nouvel essai « sur-semis de lavande plantée ». L'objectif est que les plants repiqués produisent 18 mois après plantation et que ceux issus de graines se développent et compensent progressivement les mortalités (dépérissement) des plants repiqués. 
(*) CIHEF : comité interprofessionnel des huiles essentielles françaises.