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Gaec de Bantoux

Le foin séché en grange

Dans l'élevage de Frédéric, Pierre et Nadine Boutarin à La Répara-Auriples, le foin est séché en grange et distribué aux chèvres avec une griffe.
Le foin séché en grange

Au Gaec de Bantoux, à La Répara-Auriples, Frédéric Boutarin, Pierre (son père) et Nadine (sa mère) ont 180 chèvres, 6 boucs et 45 chevrettes de race Alpine. Sur leurs 70 hectares de cultures céréalières et fourragères, 43 sont dédiés à la production caprine, qui est conduite en mode biologique. Les chèvres disposent d'un parc permanent d'un peu moins d'un hectare et vont sur des parcours. Les saillies sont pour 100 % naturelles. Les chevreaux naissent en février. En moyenne, 500 kg de lait par chèvre ont été produits en 2014, avec un taux butyreux de 38,4 g/kg et un taux protéique de 30,5 g/kg. Le lait d'environ 80 chèvres est transformé sur place en Picodons AOC, dont 90 % sont vendus sur les marchés et le reste à la ferme. L'autre partie est collectée par la fromagerie Val d'Ormèze (à Gilhoc-sur-Ormèze, en Ardèche).
Lors de la construction de la chèvrerie actuelle, qui est opérationnelle depuis 2007, le Gaec s'est équipé pour sécher le foin en grange. Avec 2 200 m³ de capacité, l'installation se compose de trois cellules, dont deux de séchage et une de stockage. Le foin y est empilé par couches de 80 à 120 cm de haut à l'aide d'une griffe. Deux ventilateurs récupèrent l'air chaud sous le toit et le renvoient sous des caillebotis où repose le fourrage.

Moins de cinq minutes pour affourrager

Le fourrage est donc rentré en vrac et séché dans la grange. A ce propos, Frédéric Boutarin constate : « C'est une façon de travailler différente. Tous les stades sont importants, du ramassage du foin à l'empilage et la façon de le manipuler. Le travail au champ est plus rapide. Au plus le pré est loin, au plus le chantier est compliqué à gérer. Nous avons la chance d'avoir la plupart de nos terres autour de la ferme. Si l'on veut que le séchage fonctionne bien, on ne peut faucher que 2,5 hectares environ à la fois. Le foin est laissé un jour à un jour et demi au champ. Ramassé trop humide, il se compactera, sera plus dur à manipuler et mettra plus de temps à sécher. Si elle est bien maîtrisée, la technique permet d'obtenir des foins de meilleure qualité : on ne perd pas de feuilles et les tiges restent souples. Moins exposé à la rosée et au soleil, le foin a une meilleure allure et appétence. Il sèche plus vite et garde plus d'éléments nutritionnels ».
Le fourrage (luzerne, foin de prairie et sainfoin) est donné en deux ou trois repas par jour avec la griffe utilisée pour le mettre dans les cellules lors de la récolte. « C'est comme une mini-pelle accrochée au plafond, circulant sur deux rails, explique Frédéric Boutarin. Le foin est déposé directement dans la mangeoire. On arrive à le répartir régulièrement dedans, avec l'habitude. C'est super rapide : le foin est distribué en moins de cinq minutes. » Autre intérêt, depuis la cabine de la griffe, l'opérateur a une vue d'ensemble sur le troupeau et peut, ainsi, repérer d'éventuelles anomalies.

Annie Laurie