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Ruralité

Le gouvernement présente au monde rural des mesures concrètes

Le 13 mars, Manuel Valls et onze de ses ministres et secrétaires d'Etat se sont rendus à Laon, dans l'Aisne, pour présenter une série de mesures en faveur du développement des territoires ruraux. A une semaine des élections départementales, ce déplacement inédit répondait aussi à l'objectif de lutter contre un sentiment d'abandon qui se révèle de plus en plus fort dans les campagnes.
Le gouvernement présente au monde rural des mesures concrètes

Si à une semaine des élections départementales, le déplacement à Laon du Premier ministre et de onze autres membres du gouvernement[1] pour un comité interministériel aux ruralités le 13 mars n'est pas totalement neutre, il s'inscrit dans un processus engagé il y a plusieurs mois pour favoriser le développement des territoires ruraux. Initiées en juillet 2014 par Manuel Valls, les Assises des ruralités se sont tenues de septembre à novembre et aboutissent aujourd'hui à des axes d'action concrets que le Premier ministre a présentés à l'issue de la réunion, soulignant « l'atout que le monde rural, les ruralités, représentent pour notre pays ». Avec ces mesures, l'Etat entend rétablir un équilibre entre les centres urbains et les territoires ruraux de plus en plus délaissés par les services et les investissements économiques.

Maintenir une offre de services

La diminution croissante de l'offre de service constitue l'une des causes les plus importantes du sentiment d'abandon ressenti dans les campagnes. Pour y remédier, le gouvernement travaille au développement des maisons de services au public, avec l'objectif d'augmenter leur nombre de 363 aujourd'hui à 1 000 d'ici fin 2016, notamment via les bureaux de Poste en déficit d'activité qui pourront accueillir la SNCF, EDF, Pôle Emploi, les caisses d'assurance maladie, ou encore la MSA. Le financement national pour ces structures sera doublé avec la création d'un fonds entre neuf opérateurs de services, doté de 21 millions d'euros (M€) sur 2015-2017. Parallèlement, pour garantir la présence de professionnels de santé sur des territoires qui ne les attirent plus, le gouvernement promeut la création de maisons de santé qui regroupent différents types de professionnels (médecins généralistes, dentistes, etc.) leur permettant de mutualiser les moyens et de ne pas exercer de façon isolée. 600 maisons existent aujourd'hui, contre 100 en 2012, et le gouvernement mise sur 200 supplémentaires en 2015 grâce à une augmentation de 200 M€ de la dotation d'équipement des territoires ruraux. Des bourses de 1 200 € par mois sont également attribuées aux étudiants en médecine qui s'engagent à s'installer en zone rurale. Par ailleurs, une expérimentation de télémédecine (consultation à distance) a été initiée depuis cette année et permet de savoir avant de se déplacer si une consultation physique est nécessaire. Objectif affiché par Manuel Valls, « que l'accès aux soins urgents en moins de 30 minutes soit une réalité ». D'autres mesures vont également être développées : pour maintenir les écoles, "lieux qui favorisent le lien social en milieu rural", a précisé le Premier ministre, via des regroupements et le raccordement à internet, ou encore pour promouvoir la culture (aménagements culturels, éducation artistique...).

Des clés pour le développement économique

Arrivée de Manuel Valls et de onze ministres et secrétaires d’Etat au comité interministériel aux ruralités à Laon, le 13 mars 2015.

Pour réduire l'isolement des territoires ruraux et leur redonner de l'attractivité, des actions favorisent leur mise en réseau, par exemple avec des contrats de réciprocité ville-campagne entre des communes urbaines et des communes rurales sur des thèmes précis (alimentation, tourisme...). Mais l'une des mesures phares concerne l'accès à internet, à travers le déploiement du Plan France très haut débit dont le financement s'élève au niveau de l'Etat à 3,3 milliards d'euros jusqu'en 2022. A cette échéance, le plan permettra à la France d'être « totalement connectée au très haut débit, avec cinq ans d'avance par rapport à nos voisins », a insisté la secrétaire d'Etat au Numérique, Axelle Lemaire. Avant cela, « d'ici 2016, il n'y aura plus de zones blanches » en termes de couverture 2G et 3G a promis Manuel Valls qui a également rappelé que les opérateurs devaient « trouver une solution » pour que l'on puisse « téléphoner partout où on réside ». Enfin, l'agriculture, « pilier du développement local » pour le Premier ministre, n'est pas oubliée dans les mesures du gouvernement qui réaffirme son objectif d'approvisionner 40 % de la restauration collective en produits locaux d'ici 2017. Manuel Valls a en outre rappelé sa volonté d'aligner les retraites agricoles à 75 % du SMIC en 2017. La lutte contre la délinquance en milieu rural, essentiellement le vol d'engins agricoles, porte d'ailleurs ses fruits, a salué le Premier ministre, puisque depuis 2013, le nombre de vols dans les exploitations agricoles a été contenu et que les deux premiers mois de 2015 montrent pour la première fois une diminution nette de la délinquance de l'ordre de 12 à 15 %. Aux sceptiques qui ne voient dans ces annonces qu'une opération purement politique, ces chiffres comme le reste des mesures permettent à Manuel Valls d'assurer qu'il s'agit bien ici « de réponses concrètes » qui correspondent à ce que veulent les Français « pour faire reculer le sentiment d'abandon ».

 

[1] Les ministres Najat VALLAUD-BELKACEM (Education), Marisol TOURAINE (Santé), Stéphane LE FOLL (Agriculture), Sylvia PINEL (Logement), Fleur PELLERIN (Culture), Patrick KANNER (Ville), et les secrétaires d'Etat Thierry MANDON (Réforme d'Etat), Laurence ROSSIGNOL (Famille), Pascale BOISTARD (Droits des femmes), Axelle LEMAIRE (Numérique), Myriam EL KHOMRI (Politique de la Ville).

 

Suite aux annonces de Manuel Valls dans le cadre du Comité interministériel à la ruralité /

Déclaration de Daniel Prieur, secrétaire général adjoint de la FNSEA 

Les annonces du Premier Ministre, Manuel Valls, en faveur du monde rural vont dans le bon sens. Elles contribuent à réduire la fracture territoriale que la FNSEA et ses partenaires du Groupe Monde Rural (GMR) dénoncent depuis plusieurs années. L’égalité républicaine, fondement de notre contrat social, doit garantir à tous les habitants du monde rural un accès aux services de santé et leur permettre d’accéder aux dernières technologies de l’univers du numérique. Sur le numérique, la FNSEA expérimente, dans le cadre d’un partenariat avec Orange, des solutions d’accès internet à très haut débit pour les exploitations agricoles en zones blanches. Les fruits de cette expérimentation profiteront à tous les ruraux privés de débit internet satisfaisant. Les territoires ruraux sont aussi des espaces de projets et d’innovation. Au-delà d’encourager une alliance pertinente des secteurs privés et publics pour maintenir des services aux populations rurales, l’Etat et les Collectivités Territoriales doivent accompagner leurs besoins en ingénierie et en investissements et les soutenir financièrement dans la déclinaison des politiques régionales et européennes d’aménagement du territoire. Par ailleurs, le mode d’élection au sein des Conseils régionaux doit être repensé pour favoriser un meilleur ancrage territorial des Conseillers régionaux et une meilleure représentation du milieu rural. Il sera tout autant nécessaire de réaménager la fiscalité locale, afin de garantir une plus grande équité entre les territoires. A l’heure où la nouvelle organisation territoriale se dessine loi après loi, il ne faudrait pas que les populations rurales deviennent les grandes oubliées de la République.