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Conjoncture internationale des vins

Le marché du vin reste bien orienté

Selon l'OIV, le vignoble mondial aurait enregistré une légère baisse en 2015, mais la production a progressé. Coté consommation le développement des classes sociales aisées dope les achats de vins de qualité.
Le marché du vin reste bien orienté

Selon l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), la superficie du vignoble mondial toutes productions confondues aurait légèrement diminué en 2015. Avec 7 534 millions d'hectares, elle aurait perdu 7 000 hectares. Mais ce chiffre cache des évolutions divergentes. La tendance est à la décroissance en Europe (-26 000 ha) comme en France et en Italie qui ont perdu 5 000 et 8000 hectares respectivement, pour se situer à 786 000 ha et 682 000 ha même si la tendance s'est infléchie depuis la fin du programme d'arrachage communautaire. Le vignoble espagnol, qui pendant la période 2008-2011 a fortement régressé semble se stabiliser depuis, à un peu plus d'un million d'hectares. Hors d'Europe, c'est la croissance qui prévaut (+19 000ha) à cause essentiellement de la Chine : ce pays constitue le moteur principal de la croissance du vignoble mondial (+34 000 ha entre 2014 et 2015) et confirme ainsi sa deuxième place au niveau international acquise en 2014, derrière l'Espagne, mais devant la France et l'Italie. Ailleurs, la tendance est plutôt à la stabilité (USA, Chili), voire au repli comme en Turquie, en Australie, au Brésil, en Afrique du Sud et en Argentine.

Légère progression de la production mondiale

Coté production, elle a atteint 274,4 millions d'hectolitres en 2015, soit +2,2 % par rapport à l'année précédente. « Un bon niveau moyen », estime Jean-Marie Aurand, le directeur général de l'OIV, loin d'un niveau record de 2013, mais davantage que les années de faible production entre 2007 à 2012. En Europe, elle s'est établie à 165,8 Mhl, soit 6 Mhl de plus que l'année précédente. On doit cette croissance essentiellement à l'Italie dont la production a augmenté de 12 % à 49,5 Mhl et est devenue le premier producteur mondial. Alors que la France n'a fait que 2 %de croissance à 47,5 Mhl et que l'Espagne a reculé de 6 % à 37,2 Mhl, après les fortes récoltes des années précédentes ainsi que l'Allemagne en repli de 4 % à 8,9 Mhl. Ailleurs dans le monde, les Etats-Unis enregistrent pour la troisième année consécutive un niveau de production élevé (22,1 Mhl). En Amérique du Sud, c'est la production vinicole argentine qui recule en 2015 de 12 % à 13,4 Mhl, alors que le Chili qui avait enregistré un recul de sa production de vins en 2014, bat avec 12,9 Mh son record historique de 2013. Quant à l'Afrique du Sud, même si la production affiche un léger retrait (-2 %), elle se situe à un niveau élevé (11,2 Mhl), comparable aux années précédentes. Tandis que la production australienne s'établit à 11,9 Mhl, un niveau stable malgré la réduction du vignoble.

Volume et valeur

Quant à la consommation, elle est évaluée à 240 Mhl, soit une légère progression par rapport à l'année précédente. Sans avoir retrouvé encore le niveau record atteint en 2008 avant la crise économique (250 Mhl). Avec 31 Mhl, les Etats-Unis confirment leur position de premier consommateur. Dans les pays européens traditionnellement producteurs et consommateurs, le repli de la consommation marque une pause : léger recul en France (27,2 Mhl), très légère progression en Italie et au Portugal, stabilisation en Espagne. En revanche, l'Allemagne (20,5 Mhl) et le Royaume-Uni (12,9 Mhl) continuent de connaître une progression de leur marché intérieur. En Chine, la consommation approcherait 16 Mhl et retrouverait une tendance positive après le coup d'arrêt observé en 2013 et 2014. Evolution positive également de la consommation en Afrique du Sud, en Argentine et au Brésil, en lien comme d'ailleurs en Chine, au développement de la classe moyenne supérieure, très réceptive aux achats « plaisir » de vins.

Ainsi s'explique le développement des échanges de vins dans le monde, notamment en valeur. Certes, le marché mondial s'est accru en volume de 1,8 % à 104,4 Mhl. Mais la croissance en valeur a été plus spectaculaire (+10,6 % à 28,3 milliards d'euros). Dans ce marché en expansion, l'Espagne demeure le premier exportateur avec 23 % des parts de marché en volume, devant l'Italie et la France. Mais si on parle de valeur, c'est la France avec 29 % de parts de marché qui devance l'Italie et l'Espagne.