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Agroalimentaire

Le pâté en croûte cartonne, Drôme Ardèche Tradition se positionne

En l’espace de cinq ans, Drôme Ardèche Tradition a observé une augmentation de 200 % de ses volumes de pâté en croûte. Afin de tripler ses capacités de production, l’entreprise va construire un nouveau site.

Par M.E.
Le pâté en croûte cartonne, Drôme Ardèche Tradition se positionne
ME-AD26
Issue d’une formation d’ingénieure agronome, Cécile Nigay a rejoint son père dans l’entreprise pour en gérer la direction depuis 2020.

À la cerise amarena, à la pistache, à la volaille, au saumon… Le pâté en croûte se décline sous 25 recettes différentes chez Drôme Ardèche Tradition. L’entreprise drômardéchoise se heurte à une explosion de la demande et, pour y répondre, projette d’investir dix millions d’euros. Un nouveau site de 1 400 m² devrait ainsi voir le jour en 2026 afin d’augmenter les capacités de stockage et les préparations de commandes.

De quoi permettre au spécialiste des charcuteries artisanales de passer de 400 tonnes à plus de 1 000 tonnes de pâté croûte transformé. La seconde phase du projet devrait permettre à Drôme Ardèche Tradition de faire grimper la production à 2 000 tonnes de ce produit phare.

En pleine expansion

Le marché de cette charcuterie aurait explosé à la suite de la fusion des plus grandes marques de fabricants français. « Nous sommes moins d’une dizaine de petites entreprises fabricantes de pâté croûte, rapporte Cécile Nigay, directrice de l’entreprise depuis 2020 avec son compagnon Alexis Bourdais. Le marché a évolué et cela a créé certaines opportunités. Nos demandes ont fortement augmenté. Dans ce contexte, Drôme Ardèche Tradition va investir trois millions d’euros dans la construction d’un nouveau site situé à moins d’un kilomètre de son siège à Bourg-de-Péage. Le bâtiment d’une superficie de 1 400 m² servira au stockage des produits et à la préparation des commandes.

L’investissement total, à hauteur de dix millions d’euros, comprendrait une seconde phase de construction d’un centre de production dédiée au pâté en croute.

Une dizaine de personnes, idéalement déjà formées à la charcuterie, devraient être recrutées. « Nous avions déjà agrandi nos deux sites, à Châteauneuf-de-Vernoux en Ardèche et à Bourg-de-Péage dans la Drôme. Nos surfaces sont passées de deux bâtiments de 1 000 m² à 2 000 m². Cela nous semblait déjà être un grand projet mais nous avons rempli nos capacités en l’espace de trois ans », précise Cécile Nigay. Afin de satisfaire la demande, la société est passée de 8 à 25 recettes de pâtés en croûte entre 2020 et 2025. Elle travaille avec le chef lyonnais Laurent Bouvier, désigné champion de France de ce produit en 2004, pour concocter les meilleurs préparations culinaires. 

Implantée dans trois départements 

Si la famille Nigay est connue depuis le 19e siècle dans la Loire pour ses caramels, c’est pourtant vers la production d’aliments salés que s’est tourné Michel Nigay. Il a d’abord créé la holding Les petits plaisirs en 2000 et a racheté les entreprises Provol et Lachenal avant de les fusionner. Aujourd’hui, cette activité génère douze millions d'euros de chiffre d’affaires et emploie 35 salariés. En 2014, Michel Nigay a racheté les sociétés Jules Courtial puis en 2020 Drôme salaisons pour, une année plus tard, les fusionner en une entité : Drôme Ardèche Tradition. « Les entreprises avaient pour point commun d’être spécialisées en charcuteries artisanales et d’avoir des modes de production et de commercialisation complémentaires », explique Cécile Nigay.

L’entreprise Jules Courtial possède une spécialité dans la charcuterie crue, avec l’étuvage et le séchage et Drôme salaisons maîtrise les charcuteries cuites. Les deux sites ont ainsi été conservés et se complètent. Au total, Drôme Ardèche Traditions emploie 47 salariés et affiche un chiffre d’affaires de huit millions d’euros en 2025. L’entreprise ne réalise pas de découpe et travaille avec sept abattoirs dont deux dans la région (Abattoir Des Crets, dans l’Ain et Tradival, dans la Loire). Près de 800 tonnes de viandes sont ainsi transformées et vendues chaque année aux supermarchés, centrales d’achat, grossistes et charcutiers bouchers. « Nous accordons de l’importance aux savoir-faire traditionnels, à l’ancrage local et au maintien des emplois, assure la directrice. Nous sommes fiers de savoir d’où nous venons et de conserver les activités et les sites implantés sur le territoire ».

Plus de 300 clients pour les Jambons de l’Hermitage

Les entrepreneurs ont repris les Jambons de l’Hermitage en 2022. La société propose des prestations de séchage de charcuterie aux professionnels (éleveurs, charcutiers traiteurs, bouchers). Ainsi, cette nouvelle acquisition a mené au premier agrandissement des sites de Drôme Ardèche Tradition. L’entreprise a conservé ses quatre chauffeurs livreurs et répond à la demande de près de 300 clients dans un rayon de 150 kilomètres autour de ses sites drômardéchois. Au total, près de 400 tonnes de viandes sont transformées chaque année.