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Ovins

Le pâturage hivernal des brebis permet de solides économies

Une journée technique s’est tenue à Moulins (Allier) en Auvergne pour présenter une pratique intéressante à plus d’un titre consistant à faire pâturer les brebis l’hiver sur des parcelles de bovins après leur entrée en stabulation.
Le pâturage hivernal des brebis permet de solides économies

Dès le début novembre, la plupart des vaches laitières vont rentrer passer l'hiver en stabulation du fait des premiers vêlages et de la faible portance des sols. Or, pour valoriser l'herbe présente sur ces parcelles libérées, l'idée a été d'expérimenter leur pâture par des brebis. C'est cette expérimentation qui a été présentée au printemps dernier lors d'une journée technique à Moulins dans l'Allier. Ces parcelles présentaient encore en 2015 un important stock d'herbe, stock qui ne peut être valorisé que par des ovins. Autre avantage, cela libère de la place dans la bergerie, pour accueillir le lot de femelles prêtes à agneler.

Une herbe d'hiver riche en 2016

Dans cette expérimentation, le nombre de brebis s'élève à 217, avec une note d'état corporel (Nec) moyen de 1,8 à fin novembre. Trois catégories de brebis sont mélangées avec des Nec différents : 17 brebis et agnelles vides (Nec de 3,2) ; 42 brebis ayant agnelé en septembre (Nec) de 2,1 ; 158 brebis ayant agnelé en octobre (Nec de 1,5). Les deux premiers lots ont été mis au pâturage fin novembre. Le dernier lot les a rejoints à partir du 25 décembre.
Le début du pâturage hivernal a démarré le 30 novembre. La surface de pâturage disponible est de 90 hectares, pour un stock d'herbe estimé de 100 tonnes de matières sèches. Dans le cas de l'hiver 2016 qui a été caractérisé par de très faibles gelées et une absence totale de neige au sol, cette pratique a permis de ne faire aucun apport de foin aux brebis. Le changement de parcelle a été fréquent afin d'éviter un surpâturage qui aurait conduit à une repousse plus tardive de l'herbe au printemps. Le faible chargement de 2,3 brebis/ha (0,35 UGB/ha) ainsi que l'important stock d'herbe au début de l'essai a permis d'attendre la pousse de printemps. Au début du mois de mars 2016, juste avant la mise en lutte, la plupart des brebis présente un état corporel satisfaisant permettant de limiter les apports en concentré pour l'alimentation intensive. Les techniciens ont observé une plus grande variation de la Nec pour les brebis ayant moins d'état à la mise au pâturage. Pour les agnelles vides, déjà en bon état lors de la mise à l'herbe, la diminution de leur Nec est probablement due à du parasitisme. Pour les 158 brebis ayant agnelé en octobre, leur Nec s'est amélioré de 0,7.

Une économie de fourrage

Grâce à la bonne valeur alimentaire de l'herbe d'hiver qui apporte entre 0,8 et 0,9 UF/kg/MS et 140 à 180 g de MAT/kg/MS, il n'y a pas eu besoin de complémentation au pâturage. Cela représente une économie de 7 tonnes de céréales et de 35 tonnes de foin. L'économie alimentaire s'élève donc à 22 centimes par jour et par brebis soit environ 22 euros/tête sur la période hivernale. Par ailleurs, les animaux au champ n'ont pas consommé de paille pour la litière et l'astreinte a été réduite. Au total, le pâturage hivernal permet une économie cumulée de 5 126 euros dont 2 233 de foin, 890 de céréales, 853 de paille et 1 160 d'eau. 

C. P.