Le potentiel est entamé par le manque d’eau
«Les terres (superficielles) manquent d'eau, a relevé Rémi Haquin, président réélu du conseil spécialisé céréales. Mais les sols profonds n'ont pas connu de températures fortes au nord de la Loire. » En mai, le manque de précipitations a atteint près de 30 %. Toutefois, les conditions de culture ne subissent qu'un léger décrochage à l'échelle nationale depuis un mois, restant à des niveaux « les plus élevés depuis le début des notations Céré'obs » pour les classes « bonnes » et « très bonnes », a indiqué Bertrand Naturel, chargé du programme de suivi des céréales. « Un troisième mois consécutif de déficit pluviométrique » est intervenu en mai, a-t-il souligné. Résultat, les conditions de culture se sont dégradées pour la somme des classes « bonnes » et « très bonnes » entre le 4 mai et mi-juin : - 3 points en blé tendre (à 87 %) et en orge de printemps (à 86 %, comme pour l'orge d'hiver), - 6 points en blé dur (80 %). « Le potentiel est entamé à cause de la météo », a admis Bertrand Naturel. Les conditions climatiques ont donc retenu l'attention des participants au conseil spécialisé de FranceAgriMer, avec au menu une « vigilance sur la sécheresse ». Cependant les questions sur El Niño, en train d'émerger à l'échelle du globe, ont été repoussées à plus tard : le phénomène risque d'intervenir en deuxième partie de campagne 2015-2016.
Export : « le maïs a regagné sa place »
FranceAgriMer a par ailleurs relevé ses chiffres d'exportation 2014-2015 de blé tendre à 11,1 Mt (contre 10,6 Mt estimé le mois précédent) vers les pays tiers, malgré un essoufflement de la demande asiatique. Le cumul des embarquements grand export atteint 10,7 Mt au 10 juin, en baisse de seulement 5 % par rapport à la même date l'an dernier. Premier débouché, le Maghreb s'effondre à 4,2 Mt (contre 7,1 Mt en 2013-2014 à pareille époque). Mais les destinations Égypte (2 Mt contre 0,7 Mt) et Asie (1,2 Mt contre 0,2 Mt) ont le vent en poupe. Conséquence, le stock de fin de campagne est abaissé à 3 Mt (contre 3,6 Mt estimées le mois précédent). Une situation plus favorable qu'imaginé en début de campagne, vu la qualité de la récolte de blé tendre. Pour Rémi Haquin, c'est « le fruit d'une filière très organisée qui a mené un gros travail pour trouver les destinations adéquates. Mais la déception vient des mauvais prix payés aux agriculteurs, qui sont inférieurs aux coûts de production ». En cause, des réfactions liées aux problèmes de qualité, mais aussi la faiblesse des cours mondiaux. En orge d'hiver, FranceAgriMer a aussi relevé ses chiffres d'exportation 2014-2015, à
3,7 Mt (contre 3,3 Mt estimées le mois précédent), grâce à une demande chinoise de plus en plus soutenue. Le cumul des embarquements grand export atteint 3,5 Mt au 10 juin, à comparer au 1,6 Mt de l'an dernier. À elle seule, la Chine capte 2,9 Mt (contre 0,1 Mt en 2013-2014 à pareille époque). Conséquence, le stock de fin de campagne est abaissé à moins de 1 Mt (contre 1,3 Mt estimées le mois précédent). « Le maïs français a regagné sa place dans l'Union européenne », a souligné Olivia Le Lamer, chef de l'unité grandes cultures. FranceAgriMer a porté son objectif d'export à 7 Mt (contre 6,6 en mai). À titre de comparaison, 4,7 Mt ont été expédiées vers l'UE lors de la campagne précédente, un point bas.
Agra