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Bovins viande

Le réseau d’élevage bovin viande s’élargit à l’agriculture biologique

Depuis l’année dernière, le réseau d’élevage bovin viande de Rhône-Alpes et Paca a intégré à son suivi cinq nouvelles exploitations en agriculture biologique. L’objectif est d’acquérir des références technico-économiques en élevage allaitant bio.
Le réseau d’élevage bovin viande s’élargit à l’agriculture biologique

Forte d'une équipe de cinq ingénieurs, le réseau d'élevage bovin viande de Rhône-Alpes et Paca s'est engagé depuis 2015 dans le suivi de cinq nouvelles fermes en agriculture biologique ; trente exploitations sont déjà suivies en système conventionnel. Ce réseau thématique financé par le conseil régional de Rhône-Alpes, offre la possibilité d'acquérir des références en termes d'agriculture biologique dans le domaine de la viande bovine.
La spécificité des réseaux d'élevage est de développer une analyse technico-économique globale du système d'exploitation. Cette échelle d'analyse nécessite la combinaison d'un savoir-faire aussi bien technique qu'économique. Les domaines zootechnique, agronomique, économique mais aussi le machinisme, les bâtiments ou encore l'organisation du travail sont autant de thématiques abordées au sein des réseaux d'élevage.
Le travail de suivi du nouveau réseau bovin viande en agriculture biologique a été entamé dès 2014. Les résultats techniques et économiques sont décortiqués et analysés minutieusement. Ce travail a permis dès septembre 2015 de présenter une première étude à l'occasion du salon Tech & Bio.
Pour poursuivre de façon concrète les investigations, la visite d'une exploitation du réseau a eu lieu en novembre dernier. L'équipe au grand complet a été accueillie sur la ferme de Michel Monteux.
Un système allaitant autonome et efficace
Cet exploitant en agriculture biologique depuis 2010, cultive 50 ha de terre, dont 10 de méteil. Installé en 1985 avec un atelier de trois bâtiments poulet label, Michel reprend l'exploitation d'un voisin en 1992. Puis, progressivement, il récupère les terrains de son père dans les années 2000. Le troupeau regroupe 35 vaches allaitantes pour 52 UGB. Comme pour la grande majorité des systèmes bovins viande en agriculture biologique de la région, l'autonomie alimentaire est un objectif prioritaire. C'est à la fois une nécessité technique et économique. L'installation d'un équipement de séchage en grange, la production de méteil et l'épandage de 8 tonnes par an de compost de fumier de bovins et de poulets label permettent à Michel Monteux de limiter ses achats aux seuls compléments minéraux pour son élevage allaitant. Les animaux issus du troupeau sont tous finis sur l'exploitation et vendus sous label AB.
Lors de la visite, la « simplicité » du système de Michel Monteux a marqué toute l'équipe du réseau. L'alimentation des animaux repose sur la distribution du foin de prairie temporaire séché en grange. Ce foin composé d'un mélange de graminées et d'une part importante de luzerne est complété par du méteil grain pour les animaux en finitions (vaches, génisses et taurillons).
La gestion des prairies, réparties autour des bâtiments de l'exploitation, s'adapte aux besoins du troupeau (pâturage au fil) et à une exploitation optimale pour le séchage en grange. La totalité des animaux sont inséminés et les vêlages non groupés.


Les points forts de l'exploitation
• Productivité : Le système obtient un niveau de productivité de viande par UGB et par hectare parmi les meilleurs des fermes du réseau conventionnel et bio confondus : 371 kg vv/UGB et 567 kg vv/ha de SFP.
• Autonomie : La présence d'une installation de séchage en grange, la part importante de prairies en rotation avec la possibilité d'implanter des cultures comme le méteil et la présence de trois bâtiments poulets label permettent au système d'être totalement autonome.
• Suivi des animaux : il est important dans ce système où les vêlages étalés imposent une forte contrainte de surveillance (détection des chaleurs). La taille du troupeau et le suivi régulier de l'éleveur permettent de maintenir de bonnes performances de reproductions.
• Efficacité et adaptabilité : Pour finir, Michel Monteux au cours de son parcours et des orientations techniques et stratégiques qu'il a donné à son système, a su s'adapter aux contraintes structurelles de son exploitation et valoriser ses atouts. Ses performances économiques se placent parmi les meilleures du groupe.
Dans un souci continu d'adaptation, le bâtiment d'élevage et de stockage est en cours d'agrandissement. Une nouvelle cellule de stockage a ainsi été créée et la stabulation agrandie. Ces travaux ont été également l'occasion de mettre en place des capteurs solaires sur le bâtiment d'élevage enfin de réchauffer l'air pour sécher le foin.
Fort de ces expériences, l'équipe des réseaux d'élevage poursuivra en 2016 ses investigations sur la production de viande bovine dans les systèmes rhônalpins avec pour perspectives de produire des références régionales à la fois en système conventuel mais aussi en système biologique. 
P. Tresc (Idele)

 

Un réseau d’élevage
pour comprendre
Depuis 2015, sous l’impulsion de la région Rhône-Alpes, le réseau bovin viande en agriculture biologique a été mis en place. Ce réseau regroupe cinq exploitations, réparties dans quatre départements avec des systèmes principalement orientés vers de la vente directe. Il observe déjà trente exploitations en conventionnel.