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sanitaire

Le rôle de Xylella dans le dépérissement des oliviers confirmé

Des travaux financés par l’Efsa confirment que la souche de xylella fastidiosa qui affecte les oliviers du sud de l’Italie est bien à l’origine de leur dépérissement. Certains contestaient la responsabilité de la bactérie. Mais l’étude montre également qu’il existe des variétés d’oliviers moins sensibles que d’autres à cette maladie.
Le rôle de Xylella  dans le dépérissement  des oliviers confirmé

Xylella fastidiosa est bien « responsable de la maladie qui détruit les oliviers dans le sud de l'Italie », assure une nouvelle étude financée par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) publiée le 29 mars. Des scientifiques du Conseil italien de la recherche ont exposé en laboratoire une vaste gamme de variétés végétales méditerranéennes à la souche codiro de la bactérie xylella fastidiosa présente dans le sud de l'Italie. Les plants d'olivier ayant été inoculés artificiellement présentaient des symptômes graves similaires à ceux observés sur le terrain. Des résultats qui attestent de la responsabilité de la bactérie, qui est contestée en Italie. En décembre 2015, plusieurs procureurs du sud de la péninsule ont lancé des poursuites contre des scientifiques et responsables politiques ayant ordonné l'abattage d'oliviers pour tenter de lutter contre xylella car il n'y a pas de preuve formelle du lien entre la bactérie et les symptômes de dessèchement observés sur les d'arbres.

7 millions d'euros pour la recherche

Certains éléments de l'étude sont porteurs d'espoir. En effet, la bactérie semble mettre plus de temps à coloniser les variétés coratina, leccino et frantoio que la cellina di nardò, qui est l'une des plus communes de la zone contaminée. Les chercheurs veulent donc réaliser davantage de tests sur un plus grand nombre de variétés d'oliviers pour comprendre ces réponses distinctes dans le but d'identifier des variétés tolérantes ou résistantes susceptibles d'être cultivées dans les zones touchées.
D'autres espèces végétales comme le laurier-rose et le polygale à feuilles de myrte succombent aussi à la souche codiro de la bactérie présente dans les Pouilles. Par contre, les agrumes, la vigne et le chêne vert semblent y être résistants, précisent les chercheurs. Autre constat : le cercope des prés, un insecte très répandu dans la région, peut transmettre la bactérie à l'olivier, au laurier-rose et au polygale à feuilles de myrte.
Ces travaux se poursuivent. Ils pourront être complétés par des études financées dans le cadre du programme de recherche de l'Union européenne Horizon 2020. Un appel d'offres sur cette question disposant d'une enveloppe de sept millions d'euros vient d'être clôturé.
L'Efsa a par ailleurs mis à jour au mois de février la liste des plantes considérées comme des hôtes de la bactérie, y ajoutant quarante-quatre nouvelles espèces, deux nouvelles plantes hybrides, quinzes nouveaux genres et cinq nouvelles familles. Cette liste permet aux autorités sanitaires de mettre en œuvre des programmes de surveillance et d'inspection des végétaux destinés à la plantation.