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Photovaltaïque

Le solaire retrouve de l’éclat

Avec la baisse du prix des équipements, un coût de rachat de l’électricité revalorisé, le solaire photovoltaïque retrouve de l’attractivité.
Le solaire retrouve de l’éclat

«La revalorisation des tarifs de vente de l'électricité photovoltaïque produite par les installations sur bâtiment de moins de 100 kWc* sera doublée pour atteindre au total 10 %. À titre d'exemple, pour une installation de 100 kWc correspondant à un bâtiment de 800 m2, cela représentera un gain de 1 500 euros par an ». L'annonce a été faite le 23 juillet 2015 par Ségolène Royal, ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie. « Inexistants dans l'Ain, il y a trois ans encore, les dossiers en vue de l'équipement de bâtiments agricoles fleurissent à nouveau. Une dizaine a été présentée en 2015, trois ont reçu l'aide de la Région. Pour 2016, on en dénombre une quinzaine », indique Sylvain Brunier, chargé de projet énergie à Hélianthe Ain espace énergie.

Des différences suivant la puissance

En grande majorité, les projets sont inférieurs à une puissance de 100 kWc. Pour ce type d'installation, dont le prix de rachat est déjà connu, le traitement administratif des dossiers est assez rapide. La ministre a annoncé « l'encadrement des délais de raccordement au réseau électrique des projets de production d'électricité d'origine renouvelable ». Pour des installations entre 100 et 250 kWc, (surface de panneaux entre 1 000 et 2 500 m2), Ségolène Royal a lancé au printemps 2 015 un appel d'offres « pour ces puissances qui correspondent typiquement aux projets agricoles, trois tranches de 40 MW ont été décidées. L'échéance de la première tranche était au 15 septembre 2015. Les deuxièmes et troisièmes tranches de l'appel d'offres (passant de 40 à 80 MW) comprendront des lots destinés spécifiquement aux bâtiments d'élevage. Cela offrira des opportunités supplémentaires aux projets agricoles », poursuit le conseiller.

Simulation

« Même s'il n'est pas défini, le tarif d'achat sur appel d'offres sera assez proche de celui fixé tous les trimestres, explique Sylvain Brunier. Pour une toiture de bâtiment agricole de 2 000 m2, soit une puissance de 300 KWc, l'investissement hors raccordement se situera dans une fourchette de 300 000 à 330 000 euros HT. On peut miser sur une production annuelle de 300 000 kWh. À raison de 13 cts d'euros le kWh produit, le résultat de la vente d'électricité s'élèvera à environ 39 000 euros. Ce qui permet d'envisager un retour sur investissement au bout de huit à neuf ans. »
Si ces données s'avèrent plutôt séduisantes, Sylvain Brunier avertit qu'il faut prendre en compte un certain nombre de frais supplémentaires, comme les assurances, la location du compteur, la taxe annuelle d'utilisation des réseaux publics d'électricité (TURPE), qui dépendent de la puissance de l'installation, les tarifs de raccordement au réseau (changement de transformateur, renforcement de la ligne). Eux seuls peuvent déjà être équivalents à près d'un an de production. Le remplacement de l'onduleur est aussi à prévoir tous les huit à dix ans. Le coût peut varier entre 0,30 €/Wc et 0,60 €/Wc. Il faut enfin mesurer l'impact de ce revenu supplémentaire et réfléchir à la création d'une structure juridique dédiée.
En termes d'équipement, suivant l'origine du matériel, européenne ou asiatique, la vigilance est de mise quant au service après vente. La production journalière d'électricité d'une installation d'une puissance de 300 KWc peut atteindre 100 euros. Gare au manque à gagner.
Jusqu'en 2015, la Région apportait une aide sous forme de subvention qui pouvait atteindre jusqu'à 30 % du coût total de l'investissement. D'ici quelques semaines, la nouvelle équipe devrait faire connaître ses orientations en la matière.
 
Magdeleine Barralon
*kWc est l'abréviation de Kilowatt crête. Le Watt crête caractérise la puissance maximum d'un panneau solaire. Avec un ensoleillement optimum de 1 000 W/m² et une température de 25 °C.