Le syndicat caprin alerte ses adhérents
Selon son président Christian Nagearaffe, « l'avenir du syndicat caprin est assez incertain ». Il l'a déclaré lors de l'assemblée générale qui s'est déroulée à la maison familiale rurale de Divajeu, le 1er avril, précédée par la dégustation d'essais de recettes à base de viande de chèvre. La cause de cette inquiétude se trouve dans les financements. « On ne pourra maintenir longtemps deux emplois si les choses n'évoluent pas. Or un seul emploi signifie que l'on ne pourra plus se déplacer dans les exploitations, a-t-il prévenu. On ne pourra pas conserver le syndicat tel qu'il est, avec les services qu'il offre. L'équilibre est de plus en plus difficile à réaliser, il y a un seuil au delà duquel on ne pourra pas aller. » Abordant la question des cotisations, « il ne faut pas cotiser seulement quand on a besoin de nos services comme c'est le cas de certains alors que d'autres sont restés de fidèles adhérents sans jamais rien demander. On ne peut plus se permettre d'avoir des personnes qui adhèrent au coup par coup pour avoir un service gratuit. »
Eliane Brès, l'ancienne présidente, est allée dans le même sens : « Lors du dernier conseil d'administration, nous avons décidé que ce n'était plus admissible ».
L'échange avec les participants a permis d'aborder la question des synergies, notamment avec l'AOP picodon dont le président, Philippe Benezech, était présent. « On va essayer de faire des choses main dans la main », a-t-il déclaré. Il a été question du nouveau Crof (contrat régional d'objectif de filière) à l'élaboration duquel le syndicat caprin travaille au niveau régional. La proposition de modifier la cotisation a été acceptée. Elle était de 50 euros. Désormais, elle se partage entre une cotisation de base de 60 euros (augmentée de 20 euros par associé supplémentaire) et une cotisation volontaire à la Fnec (fédération nationale des éleveurs de chèvres) de 40 euros.
Des horizons insoupçonnés
Par ailleurs, Christian Nagearaffe a remercié chaleureusement Alain Berne, meilleur ouvrier de France, pour son implication dans l'élaboration des recettes à base de viande chèvre. « Cela nous ouvre des horizons que l'on ne soupçonnait pas », a-t-il constaté. La cuisine de cette viande fait partie des formations proposées par le syndicat en 2014, sa valorisation étant une action prioritaire. Dix-neuf recettes ont été créées, cinq séances de dégustations organisées, tandis que l'approvisionnement en viande de chèvre de la restauration collective a été développé et que les éleveurs ont été accompagnés sur l'élaboration des étiquettes.
« Il faut que vous ayez un vrai plan de communication, sur la Drôme et nationalement. Il faut faire connaître la viande de chèvre avec un slogan pour le grand public, a lancé Clara Thomas, sous-préfet de Die. Ne sous-estimez pas vos métiers et vos produits », a-t-elle ajouté, non sans avoir demandé un état des lieux des problèmes rencontrés, en particulier sur le prix du lait, l'arrivée de fromages déclassés non fermiers sur les marchés et le manque de fromages de chèvre dans les rayons.
Des projets
Le lancement d'un programme chevreaux de boucherie en Rhône-Alpes, en lien avec le Crof, a été évoqué également. Il concerne la filière longue comme la filière courte. Il est souhaité qu'un cahier des charges « chevreau abattu en Rhône-Alpes » soit créé.
Elina Harinck, coordinatrice du syndicat, chargée du développement de la filière, a énoncé les projets de cette année, dont la poursuite de l'accompagnement technique mais aussi l'information et la formation. Depuis octobre, un site internet (www.scaprin26.com) donne des informations sur la fromagerie et l'élevage. La diffusion des travaux en aromathérapie et phytothérapie sera l'un des chantiers de 2015, tandis que le collectif plantes libres prévoit de poursuivre ses actions. Celles du Pida « valorisation de la viande chèvre » vont se poursuivre elles aussi, avec l'accompagnement des porteurs de projets. « On nous demande où trouver de la viande de chèvre, a conclu le président. Il faut que vous nous donniez les informations pour que nous puissions les relayer sur le site. »
Elisabeth Voreppe