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Enseignement

Le terrain au cœur de l’attractivité des lycées agricoles

Depuis lundi 1er septembre, les étudiants drômois font leur rentrée des classes. Zoom sur les lycées agricoles et l’état d’esprit en ce début d’année scolaire.

Par M.Eymin
Le terrain au cœur de l’attractivité des lycées agricoles
©ME-AD26
Les élèves de BTS productions végétales du lycée Terre d’horizon profitent des premiers jours de rentrée pour retrouver la serre de l’établissement.

Du concret. C’est ce que semblent rechercher de plus en plus de jeunes dans les lycées agricoles. Dans la Drôme, alors que la rentrée est sur le point de s’achever, un premier bilan s’impose. Direction le lycée Terre d’horizon, à Romans, le lycée du Val de Drôme à Montéléger et le lycée du Valentin à Bourg-lès-Valence pour évaluer les effectifs et tendances de ces établissements d’enseignement agricole.

Évolution des effectifs 

Difficile de donner une tendance sur l’évolution des effectifs dans ces trois lycées. Au lycée Terre d’horizon, 283 élèves et étudiants ont fait leur rentrée. « Nous constatons une légère baisse cette année, explique Florence Lemaire, directrice de l'EPLEFPA(1). La filière horticole souffre en bac pro, notamment en raison de l’image du travail. Cela fait moins rêver les jeunes en sortie de troisième. Il y a un gros travail à faire sur la filière pour redorer l’image du métier. »

La classe de 2e année de BTS métiers du végétal du lycée Terre d'horizon et l'équipe pédagogique. ©ME-AD26

D’un point de vue nouveauté, l’établissement prépare l’ouverture d’un bachelor agro pour la rentrée 2026. « Le diplôme n’existait pas jusqu’à présent dans l’enseignement agricole(2). À Montéléger, 160 jeunes ont rejoint les bancs du lycée. « Nous sommes complets sur l’intégralité des formations initiales mais il nous reste quelques places en BTS par apprentissage, rapporte Arnaud Vauclin, directeur du lycée Val de Drôme. Nous sommes sur le point d’atteindre notre capacité maximale. Nous espérons toutefois parvenir à développer et à stabiliser l’apprentissage. » 

Au lycée du Valentin, à Bourg-lès-Valence, les effectifs des études secondaires restent stables et ceux des études supérieures ont augmenté cette année. L’établissement a ouvert un BTS métiers de l’élevage pour « répondre à la demande du territoire basée sur la démarche Prospect’Aura 2040. Sur le département, il y a de plus en plus de végétal et de moins en moins d’animal. Nous nous dirigeons donc sur la formation de futurs techniciens », expliquent Sandra Berthon, proviseure adjointe, et Frédéric Lalanne, directeur.

Sandra Berthon, proviseure adjointe, et Frédéric Lalanne, directeur du Valentin. ©ME-AD26

Une classe Agro-Véto post BTSA/BTS a aussi été créée cette année afin de fournir « une classe passerelle aux élèves avant d’entrer en école supérieure. Nous sommes à deux-tiers des postes pourvus d’ingénieurs. Nous avons besoin de plus d’ingénieurs agronomes et de vétérinaires. » En 2026, le lycée ouvrira un bachelor avec VetAgro sur l’agronomie et la production végétale. Concernant le CFPPA, un BPREA oléiculture et une formation de paysan-arboriste viennent d’ouvrir à Nyons. 

« Dans les bottes des techniciens »

Au sein du lycée Val de Drôme, « la dynamique partenariale, l’ouverture sur le territoire et la fête agricole du lycée » ont contribué à « dynamiser la formation en bac pro agro-équipements. Le travail de terrain a payé », estime le directeur. 

Guilhem Heranney, enseignant au lycée Terre d’horizon, constate un taux non négligeable de réorientation après être entré en BTS. « Parfois, les jeunes viennent plus pour du jardinage et n’ont pas envie de penser aux coûts de production. La plupart ne sont pas issus du monde agricole. » Sur une classe de 18 élèves, en BTS métiers du végétal, seuls trois n’ont pas choisi la spécialisation maraîchage. « Cette formation a le vent en poupe », estime Guilhem Heranney. Selon l’équipe pédagogique, le succès de ce type de formation s’explique notamment du fait de « la mise en situation avec des partenaires et l’exploitation de 18 hectares présente sur l’établissement. ». « Nous essayons de les mettre dans les bottes du technicien du début à la fin », rapporte l’enseignant en citant une de ses élèves. 

Témoignages d'élèves

Romane Morin, en 2e année de BTS, et Florence Lemaire, directrice du lycée Terre d'Horizon. ©ME-AD26

« J’aime le fait que ce soit concret. »

Romane Morin, 19 ans, est en seconde année du BTS métiers du végétal au lycée Terre d’horizon. « Je fais partie des 2 % d’élèves qui ont des parents agriculteurs. J’ai toujours pensé à aller dans ce domaine mais je ne me projette pas dans la reprise de l’exploitation familiale, témoigne la jeune femme de 19 ans. La formation apporte plus de théorie et de réflexions. C’est un autre raisonnement que ce que j’ai déjà pu découvrir sur la ferme. » Le point fort de son BTS selon elle ? « On applique en cours ce que nous faisons sur l’exploitation. La ferme est un outil de production perfectionné, c’est une des meilleures installations scolaires que j’ai vue. J’aime le fait que ce soit concret et que la formation soit axée sur le projet. Par exemple, je gère une culture de A à Z durant l’année. » À la fin de ce cursus, Romane Morin envisage de poursuivre ses études vers une licence professionnelle… « Ou pourquoi pas vers le futur bachelor ? »

Manon Charles, en BTS métiers de l’élevage au lycée du Valentin. ©ME-AD26

« J’ai toujours voulu travailler avec des animaux. »

Manon Charles, 18 ans, vient d’entrer en BTS métiers de l’élevage au lycée du Valentin. « J’ai suivi un bac pro conduite et gestion d’entreprise hippique à Voiron avant de rejoindre cette formation. J’ai réfléchi à me lancer dans l’élevage de poneys Shetland car je suis passionnée d’équitation. Sans cette formation en BTS, j’aurais essayé de travailler directement. Mon rêve serait d’entrer dans la Garde républicaine. Les gros plus pour moi dans ce lycée, ce sont l’accueil en internat et l’exploitation. J’ai toujours voulu travailler avec des animaux. »

(1) EPLEFPA : établissement public local d'enseignement et de formation professionnelle agricoles.

(2) Créé par le ministère de l’Agriculture dans le cadre de la loi d’orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations, le bachelor agro est un nouveau diplôme national de niveau Bac +3. Les premières formations ouvriront à la rentrée 2026 pour des étudiants titulaires d’un Bac +2, puis seront accessibles en post-bac via Parcoursup à partir de 2027.