Les agriculteurs contribueront à l'effort financier pour les retraites
Alors qu'il proposait aux organisations agricoles trois scénarios potentiels pour financer la hausse des retraites le 30 novembre dernier (1), l'État a finalement retenu sa première option : celle de faire reposer le financement des retraites à moitié sur des fonds publics et à moitié par la contribution des agriculteurs. Ainsi, un décret du 28 décembre, publié au Journal officiel du 30 décembre vient préciser que le taux de cotisation de la RCO est « fixé pour l'année 2016 à 3 %, pour l'année 2017 à 3,5 % et pour l'année 2018 à 4 % des revenus professionnels ». Cette augmentation de la cotisation d'un demi-point par année, couplée à une intervention des fonds publics (soit 110 MEUR d'augmentation des cotisations et 110 MEUR de fonds publics), est censée permettre d'atteindre le niveau de retraite promis par François Hollande en 2012 : 75 % du Smic. Pourtant, les syndicats agricoles, réunis le 30 novembre lors de la conférence sur les retraites, avaient fait part de leur refus de voir augmenter le taux de RCO et semblaient plus en accord avec le troisième scénario proposé par les pouvoirs publics : celui de commander un rapport à l'inspection générale des affaires sociales pour envisager de nouvelles solutions.
Des retraites à 75 % du SMIC
Alors que le gouvernement aurait pu augmenter les cotisations de la retraite de base (composée d'une partie forfaitaire et d'une partie proportionnelle aux revenus), c'est la cotisation RCO qui est augmentée regrette un syndicat agricole. La cotisation minimale RCO due par tous les agriculteurs est calculée sur un revenu annuel égal à 17 600 EUR, et ce, même si leur revenu réel est inférieur. Étant donné que « 70 % des paysans sont au-dessous de ce revenu », augmenter le taux de RCO revient à « creuser les disparités entre paysans ». Car à revenu 0 ou 17 600 EUR, ils acquitteront tous la même cotisation. Par ailleurs, le « fond du problème n'est pas réglé ». Les retraites sont indexées sur les prix, tandis que la promesse de François Hollande repose sur le niveau du Smic. Or, le Smic augmente plus vite que les prix, explique le syndicat. Par conséquent, à terme, les retraites retomberont mécaniquement en dessous des 75 % du Smic.
Finalement, le problème du financement des retraites est réglé jusqu'à 2018, de façon à voir tenue la promesse du candidat Hollande. Pour la suite, ce sera au quinquennat suivant de gérer le problème.