Les agriculteurs rappellent à E. Macron ses promesses de campagne
« Nous sommes venus dénoncer la non mise en place des promesses d'Emmanuel Macron » ! Devant plusieurs centaines d'agriculteurs réunis à l'appel de la FNSEA Nord-Bassin-Parisien, Damien Greffin, président de la FDSEA Ile-de-France, rappelle les enjeux de la manifestation qui s'est tenue le 19 décembre devant le carrousel du Louvre, en clin d'œil à l'investiture du président de la République en mai dernier. « Macron est un illusionniste qui manque d'ambition européenne », poursuit Damien Greffin sur la tribune, dos à la Pyramide du Louvre. Il déplore notamment « le spectre de la renationalisation de la PAC » et, dans le cadre des Etats généraux de l'alimentation, la menace de céder uniquement aux pressions des ONG. Savamment mis en scène par des mimes sur l'estrade, ce double jeu du président de la République a également été illustré par les masques à son effigie, affublés d'un nez de Pinnochio, portés par une partie des manifestants. « Les agriculteurs sont dans l'incompréhension et dans l'attente », insiste-t-il.
Distorsions de concurrence

Car derrière les promesses non tenues, comme la suppression de l'allègement de cotisations MSA, le transfert supplémentaire de 4,2 % du premier pilier vers le deuxième pilier de la PAC, ou encore la décision d'interdire le glyphosate sous trois ans quand l'Union européenne a voté cinq ans, ce sont les distorsions de concurrence que dénoncent les agriculteurs. Ces distorsions sont amplifiées par les accords de libre-échange comme le Ceta (avec le Canada) ou le Mercosur en discussion. « Le consommateur aujourd'hui est dans la même barque que nous », explique Damien Greffin pour justifier ce « cri d'alarme » : l'agriculture française, avec ses normes parmi les plus exigeantes au monde, constitue une garantie sanitaire pour les citoyens, face aux produits importés. Il s'agit aussi de maintenir le dynamisme des territoires et de préserver la souveraineté alimentaire.

La manifestation a bénéficié du soutien de la FNSEA et de JA, comme l'ont rappelé les secrétaires généraux des deux organisations, Jérôme Despey et Samuel Vandaele, eux-aussi présents. « On ne peut pas toujours surtransposer, les agriculteurs en ont assez et veulent un prix rémunérateur pour la qualité de leur travail », a souligné Jérôme Despey. « L'engagement en faveur de l'environnement ne doit pas se traduire par des contraintes supplémentaires », a-t-il ajouté, tout en réaffirmant la volonté des agriculteurs de s'inscrire dans des trajectoires de progrès, à condition d'avoir des alternatives. Face à la pression des ONG sur un certain nombre de sujets, les agriculteurs espèrent par ailleurs que les conclusions des Etats généraux de l'alimentation prendront en compte leurs contraintes et leurs revendications pour que l'agriculture française puisse continuer à produire, tout en progressant dans la durabilité et les réponses aux attentes citoyennes.