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Société

Les agriculteurs restent bien vus par leurs concitoyens

Les agriculteurs français ont une image plus positive qu’ils ne le pensent dans la société, indique Valérie Péan, directrice de la Mission Agrobiosciences-Inra. Cela d’autant plus qu’ils sont malmenés sur le plan économique.
Les agriculteurs restent bien vus par leurs concitoyens

Les agriculteurs « sont pessimistes quant à leur image dans la société, or il existe un sentiment affectif profond en leur faveur, mais ils ne le savent pas », assure Pascale Hébel, directrice du pôle consommation et entreprise du Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie). Philippe Mauguin, président de l’Inra, a fait sien le constat de l’image positive des exploitants agricoles dans la société, tout en donnant une explication aux réactions hostiles qui apparaissent ici et là : « Il existe dans la société une sympathie envers les agriculteurs, à la base, et lorsque les citoyens sont déçus par un comportement qui ne ressemble pas à cette bonne image, il en ressort une forme de stigmatisation et de colère ».
Ce sentiment négatif de la part des citadins apparaît surtout quand des agriculteurs « sont perçus comme entêtés et campant sur leurs positions », notamment sur des modèles économiques « prédateurs », constate Philippe Mauguin. L’image positive des paysans est en hausse, et cela d’autant plus qu’ils sont malmenés sur le plan économique. Depuis la crise du lait en 2015, les agriculteurs « ont le soutien d’une partie importante de la population », rapporte Pascale Hébel. C’est ainsi que de nombreux citoyens, choqués par les très faibles revenus d’éleveurs laitiers (500 euros par mois), prennent le parti des agriculteurs en effectuant leurs achats dans des circuits courts et auprès de marques comme « C’est qui le patron  ? ».

«Le soutien d’une partie importante de la population

À la question « à qui faites-vous le plus confance pour vous donner des informations fables sur ce qu’est une alimentation saine ? » viennent en tête les agriculteurs et les pêcheurs : 51 % dans une étude du Crédoc de 2018, contre 37 % en 2013. Dans le même temps, la confance accordée aux professionnels de la santé (médecins) a chuté à 37 %, alors qu’elle s’élevait à 50 % en 2013.

M.N

Une sympathie qui peut être communicative

Un signe de la sympathie profonde de la société pour l’agriculture est l’essor du nombre de citadins qui s’installent en agriculture. Agnès Papone, néo-agricultrice franco-américaine en bio dans l’arrière-pays niçois, témoigne que des nouveaux agriculteurs installés, comme elle et son mari, peuvent non seulement être acceptés, mais aussi influencer le milieu dans lequel ils vivent. « Nous sommes installés depuis 2009, nous avons commencé notre activité tout petit, avec 20 poules pondeuses, puis nous avons augmenté peu à peu notre élevage, en évitant de nous endetter. Nous ne sommes pas propriétaires ». Son exploitation, intitulée « Lavancia », vend des œufs de poules « heureuses d’être en plein air », vante un autocollant. Le couple emprunte des terres qui lui sont cédées à des conditions très avantageuses. « Nous sommes optimistes et nous ne sommes pas perçus comme des affairistes ni comme des fainéants ni comme des babas cool », a-t-elle ajouté.
Ce mouvement prend de l’importance dans les pays d’Europe de l’Est comme la Roumanie et la Bulgarie », a signalé Pierre-François Vaquié, délégué général de la Fédération nationale des coopératives d’utilisation de matériel agricole (FNCuma). « Il n’est pas rare de rencontrer dans ces pays des jeunes qui s’installent en agriculture, avec la volonté d’alimenter un village », a-t-il précisé.