Les Assises de l'eau se concluent dans la discorde
Une diminution des prélèvements d'eau de « 10 % en cinq ans » et de « 25 % en quinze ans ». C'est l'objectif ambitieux affiché dans la feuille de route du gouvernement, concluant la seconde phase des Assises de l'eau, consacrée à l'adaptation de la gestion de l'eau au réchauffement climatique. Le mot d'ordre est la « sobriété » de la consommation, face à la raréfaction annoncée de la ressource. Le gouvernement confirme la « généralisation des projets de territoire » (annoncée en mai), pour gérer la ressource localement en évaluant les « besoins et économies possibles » pour chaque utilisateur de l'eau. Cette méthode sera particulièrement utilisée pour la mise en place de nouvelles infrastructures de stockage de l'eau au niveau local. Celles-ci devront être « utiles et durables ». La FNSEA salue cette mention au stockage de l'eau. « C'est un point positif de reconnaître que le changement climatique nécessite plus de stockage », se félicite Luc Servant, le président de la chambre régionale de Charente-Maritime, et membre du comité de pilotage. « Mais il n'y a pas d'ambition chiffrée, clairement affichée en la matière », déplore-t-il.
Des plans d'actions pour 1 000 captages prioritaires
La question de la qualité de l'eau est aussi traitée. Le gouvernement annonce des « plans d'action spécifiques » pour « 1 000 captages prioritaires » d'ici 2021, contre 500 aujourd'hui. Pour au moins 350 d'entre eux, des « engagements seront pris avec la profession agricole » pour « réduire les pollutions de l'eau ».
Les collectivités disposeront d'un droit de préemption pour acheter des terres agricoles situées « sur des zones de captage d'eau potable ». Des paiements pour services environnementaux (PSE) pourront être expérimentés « dès 2020 », financés par les Agences de l'eau à hauteur de 150 M€, comme le prévoyait le Plan biodiversité. « Vingt territoires » seront concernés par cette expérimentation, indique la feuille de route.
Inquiétudes autour du budget des Agences de l'eau
Jean Launay, coordinateur des Assises de l'eau, a interpellé le ministre de la Transition écologique François de Rugy sur le « plafond mordant » du budget des agences de l'eau, mis en place par le PLF 2019. Ce mécanisme permet à l'État de ponctionner systématiquement le budget des agences de l'eau, au-delà de 2,1 milliards d'euros. « C'est pénalisant, la question de sa suppression doit être posée », a-t-il déclaré. Une position partagée par « l'ensemble des membres du comité de pilotage ». Depuis plusieurs mois, les agences de l'eau s'inquiètent de la baisse de leurs ressources, alors que leurs missions se multiplient.
F. C.