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Ravageurs

Les captures de chrysomèles restent limitées

Même si la chrysomèle du maïs ne fait l’objet d’aucune réglementation en France depuis 2014, ce ravageur continue à faire l’objet de suivis dans notre région grâce au réseau de surveillance mis en place dans le cadre du BSV.

Les captures de chrysomèles restent limitées

En 2015, une attention particulière a été mise sur les zones particulièrement concernées par la problématique chrysomèle, mais des pièges ont également été répartis sur l'ensemble de la région (en densité inférieure). Le bilan du suivi indique que les captures s'inscrivent dans la continuité des années précédentes. Le niveau de capture reste stable par rapport aux années antérieures au regard de la comparaison entre des pièges positionnés dans les mêmes secteurs. Le bilan détaillé des captures diffusé dans le Bulletin de santé du végétal (BSV datant du 15 octobre) est désormais disponible sur le site de la Draaf.

Pas de nouveaux foyers détectés

En Rhône-Alpes, 93 pièges ont été suivis et ont totalisé 1 206 captures. Le chiffre total est largement influencé par une seule parcelle où 678 individus ont été capturés. Sur l'ensemble de la région, environ la moitié des pièges a capturé au moins un individu. Dans les secteurs traditionnellement concernés par l'insecte, on capture des spécimens, sans pour autant que le niveau de piégeage augmente, hormis le piège situé sur la commune de Crolles (Isère). L'année dernière, le dispositif de suivi situé sur cette même zone avait capturé 96 adultes (678 en 2015). Ces résultats confirment que la chrysomèle du maïs est présente dans les zones de production maïsicoles.
Quelques éléments d'explication sur la répartition des captures
Comment expliquer que le niveau de captures reste globalement assez faible et qu'un seul piège voit ses captures exploser ? Le niveau de trafic routier ne diminuant pas, les éléments d'explication se trouvent certainement dans l'analyse du climat. L'hiver n'a été que très légèrement excédentaire en pluviométrie, sauf sur la zone sud de la région, dans la Drôme, où il y a eu de gros excès d'eau. De plus, au printemps, entre le mois d'avril et de mai, certaines zones n'ont pas connu la sécheresse. Cumulées à la fonte des neiges très rapide, les pluies d'avril-mai ont causé des inondations parfois importantes le long des cours d'eau (vallée de la Haute-Saône, bras du Rhône dans l'Ain et l'Isère et vallée de l'Isère entre Chambéry et Grenoble). La survie des œufs et des jeunes stades larvaires des chrysomèles est fortement conditionnée par l'état de ressuyage de ce dernier. En condition d'ennoiement prolongé, le taux de mortalité augmente fortement. Cela pourrait expliquer les faibles captures en Combe de Savoie. Le piège de Crolles est quant à lui positionné sur une zone plus saine, à l'écart de l'Isère. Il est donc moins soumis aux crues, tout en étant positionné à proximité d'une aire d'autoroute.

Faut-il adapter ses pratiques ?

Le niveau de population est maintenu très largement en dessous du seuil susceptible d'occasionner une nuisibilité économique pour la culture du maïs. Pour l'année prochaine, il sera recommandé de poursuivre les mesures de lutte déjà mises en œuvre depuis plusieurs années avec notamment la rotation progressive des cultures de maïs (un an sur six au minimum). Cette rotation doit être mise en œuvre en priorité dans les parcelles ayant fait l'objet des plus forts niveaux de captures (et dans les parcelles adjacentes si la taille des parcelles est réduite), afin de limiter une augmentation rapide de population.

Thibaut Ray