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Stratégie

Les choix du bio : s’agrandir, accélérer les conversions ou importer

La consommation de produits bio croissant plus vite que l’offre, les exploitations françaises ont trois choix : s’agrandir pour diminuer les coûts, accélérer les conversions d’exploitations conventionnelles vers le bio, ou alors laisser les importations combler l’insuffisance de l’offre. Telle est la conclusion que tire une étude de Coface.

Les choix du bio : s’agrandir, accélérer les conversions ou importer

La filière du bio devra étoffer substantiellement son offre, a indiqué Bruno de Moura Fernandès, économiste chez Coface, acteur français de l'assurance-crédit, renommé sur le plan international. En effet, depuis 2014, le marché des produits bio connaît une croissance à deux chiffres (proche de 14 % pour l'année 2017), soit un chiffre d'affaires de plus de 8 milliards d'euros. Or, la production ne suit pas au même rythme. Dans certains secteurs, c'est l'importation qui comble le fossé entre la production et la consommation.

Un dilemme : s'agrandir, au risque d'affaiblir les principes fondateurs

C'est notamment le cas du secteur épicerie et boissons (60 % d'importation en 2016, dont le café, le thé, le cacao), des fruits (près de 60 %, dont les fruits exotiques), des produits surgelés et traiteur (près de 40 %) et des légumes (près de 30 %). Dans les secteurs de la boulangerie, des produits laitiers, de la viande, des vins et spiritueux et des œufs l'importation est inférieure à 15 %.
Pour accroître son offre, une solution peut être l'agrandissement des exploitations, qui aurait comme effet d'élever les rendements, d'aller dans le sens d'une agriculture équipée de capteurs et de robots tout en réduisant les résidus chimiques des exploitations voisines, selon Bruno de Moura Fernandès. Mais il s'interroge : « Comment changer d'échelle sans renier les principes fondateurs de l'agriculture biologique ? » Une solution pourrait aussi être l'accélération des conversions des exploitations moyennes à grandes, notamment en grandes cultures, a-t-il évoqué. Les exploitations bio risquent d'être davantage livrées aux forces du marché, a commenté Bruno de Moura Fernandès. En effet, les grandes enseignes reprennent du terrain face aux distributeurs spécialisés en bio. De plus, le gouvernement a affiché sa volonté que le marché prenne le relais des aides publiques. 

 

Les exploitations bio sont en général les plus résistantes de l’agriculture
L’étude de Coface constate que les exploitations qui ont une part plus importante de production issue de l’agriculture bio sont aussi celles qui ont enregistré moins de défaillances d’exploitations sur la période 2012-2016. Cela alors que dans l’ensemble du secteur agricole, les défaillances ont progressé de + 4,9 % par an sur cette période. Coface a constaté la corrélation suivante : une augmentation de 10 % de la part du bio dans la production totale d’une filière est associée à une baisse de 11 % des défaillances.