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Crémants

Les crémants ont une cote d’enfer

Plus de 80 millions de bouteilles ont été produites en France en 2014. La demande augmente de 5 % par an, alors que les volumes en production ont diminué cette année.
Les crémants ont une cote d’enfer

La Fédération nationale des producteurs et élaborateurs de crémant annonce des volumes en baisse de 20 % en 2015 par rapport à l'an passé (la production annuelle était de 668 400 hl en 2014). Une nouvelle qui ne réjouit pas les producteurs, dans un contexte où la demande se fait de plus en plus forte. Avec plus de 80 millions de bouteilles vendues en 2014, ces AOC effervescentes connaissent une progression de leur vente de 5 % chaque année.

Un manque de 20 %  pour le crémant du Jura

La commercialisation devrait s'en ressentir à partir du début 2017, date de mise en marché des premières bouteilles de cette récolte 2015. Les cours des crémants pourraient donc s'orienter à la hausse. Pour le crémant du Jura, Franck Vichet, président de la section crémant de l'ODG Jura annonce un manque de crémant de l'ordre de 20 % d'ici fin 2016, début 2017. En cause : la canicule et les pluies de la mi-août qui ont dopé la maturation des baies alors que la vigne était quasiment en blocage de maturité. Les raisins ont alors pris 2 % alcool potentiel en moins d'une semaine, contre 1 % habituellement . Les viticulteurs ont donc dû cesser la récolte destinée au crémant plus rapidement que prévu, pour enchaîner sur celle des vins tranquilles.

Le terme « crémant » est protégé

L'expression « crémant » ne peut être utilisée que pour les vins mousseux de qualité blancs ou rosés bénéficiant d'une appellation d'origine protégée (AOP). Outre le fait d'être élaborés selon la méthode traditionnelle, ils respectent les méthodes de production suivantes : les raisins sont récoltés manuellement, les vins sont issus de moûts obtenus par pressurage de raisins entiers ou éraflés. La quantité de moûts obtenue n'excède pas 100 litres pour 150 kg de raisins, la teneur maximale en anhydride sulfureux ne dépasse pas 150 mg/l, la teneur en sucre est inférieure à 50 g/l.
Chaque région de production dispose de son propre cahier des charges qui ne peut être que plus contraignant que le texte communautaire. Ainsi le mot crémant recèle plusieurs sensibilités et se comprend dans la diversité. De la pluralité des cépages naissent des crémants aux identités diverses, ayant chacun leurs spécificités et leurs caractères.

2 000 hectares pour le crémant de Bourgogne

Les raisins utilisés pour la production de crémant de Bourgogne proviennent de terroirs très variés, depuis le soubassement crayeux des environs de Joigny jusqu'aux granites de la Bourgogne du Sud, en passant par les calcaires des côtes et les marnes le plus souvent porteurs de l'appellation. La production de crémant de Bourgogne est issue sur 2 000 hectares situés sur l'une des 385 communes de l'aire de production dont 154 en Saône-et-Loire et 85 dans le département du Rhône. Elle représente 20 % des volumes de crémant français.

4 000 hectolitres de crémant de Die

L'AOC crémant de Die, reconnue en 1993 est un vin mousseux produit sur la même aire d'appellation que l'AOC clairette de Die, le vignoble du Diois, qui s'étend sur une superficie de plus de 1 500 hectares. Seuls 70 hectares de vignes sont dédiés à la production du crémant de Die (environ 4 000 hectolitres par an) et sont éparpillés en petites parcelles le long de la vallée de la Drôme, sous les falaises de calcaire du Vercors. La clairette de Die, qui n'est pas un crémant mais un vin effervescent, représente la plus forte consommation en France derrière le crémant d'Alsace et devant le Saumur, le crémant de Bourgogne, le vouvray, le crémant de Loire, la blanquette de Limoux, la touraine, le montlouis, le crémant de Bordeaux, puis le crémant du Jura. 
Claudine Lavorel