Les manifestations d’éleveurs se poursuivent en Normandie
Plusieurs centaines d’éleveurs en colère contre la faiblesse des prix d'achat de leur production continuent ce matin (21 juillet) à bloquer les routes d'accès à Caen et au Mont-Saint-Michel. Ils réclament la venue du ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll. Celui-ci avait indiqué dans la matinée du 20 juillet être prêt à les recevoir le 23, après avoir reçu le rapport du médiateur. Les éleveurs entendaient faire comprendre au ministre de l'Agriculture que « la pression agricole ne va pas céder », selon un manifestant. Le président de la FDSEA du Calvados, Jean-Yves Heurtin, indiquait que les éleveurs resteraient mardi « sur les mêmes blocages. C’est aux pouvoirs publics de bouger maintenant » affirmait-il. « Le dialogue ne peut pas fonctionner ainsi », a réagi le Premier ministre, Manuel Valls : « La porte du bureau du ministre de l'Agriculture est ouverte en permanence, Stéphane Le Foll va au contact régulièrement des éleveurs, mais là, il s'agit de trouver d'abord des solutions concrètes et précises pour les filières », affirmait le premier ministre.
Le ministre de l’agriculture prêt à recevoir les éleveurs normands le 23 juillet
Selon son entourage, le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, est prêt à recevoir les éleveurs normands actuellement en manifestation dans leur région, le jeudi 23 juillet. Le ministre aura reçu d’ici-là le rapport du médiateur Francis Amand sur la question de l’application des hausses de prix d’achat aux éleveurs qui auraient dû intervenir compte tenu des engagements pris le 17 juin lors d’une réunion au ministère de l’Agriculture. Si, sur le porc, l’objectif n’est pas loin d’être atteint, il en est tout autrement pour la viande bovine. Quant au lait, les prix d’achat aux éleveurs étaient redescendus aux alentours de 300 euros les 1 000 litres de lait sur la paie de mai, soit au moins 45 euros de moins qu’en mai 2014.
Crise de l’élevage : la FNSEA demande une réaction « dans les plus brefs délais »
La FNSEA a identifié les deux premières urgences pour « éviter les dépôts de bilan » des éleveurs, indique-t-elle par voie de communiqué le 20 juillet. « La première urgence, c’est le prix » indique le syndicat majoritaire qui déplore que « les engagements pris pas les distributeurs comme les transformateurs ne soient pas tenus ». « L’étiquetage de l’origine des produits » est la seconde urgence, pour que le consommateur puisse « choisir la qualité, la traçabilité française ». Par ailleurs, pour la FNSEA, « chacun doit dorénavant prendre ses responsabilités », en particulier l’Etat, qui « doit engager immédiatement un plan de désendettement massif de l’agriculture ».
Trois banques proposent des «échéances de prêt modulables» aux éleveurs laitiers
Au vu de la «conjoncture dégradée» qui touche les exploitations laitières, "les banques signataires du pacte laitier", que sont le Crédit Agricole, le Crédit Mutuel et la Banque Populaire, ont décidé, selon un communiqué du 20 juillet co-signé avec la FNPL (fédération nationale des producteurs de lait), de proposer «aux éleveurs concernés des échéances de prêt modulables». Ainsi, les «producteurs de lait aux trésoreries d’exploitation tendues» peuvent «ajuster le montant de leur remboursement à leurs rentrées financières» et solliciter une réduction du «montant des échéances en allongeant la durée des prêts si nécessaire».
Crise de l’élevage : la grande distribution se défend
La grande distribution a rempli sa part du contrat, en augmentant « comme prévu les prix (de la viande) de 5 centimes par semaine » a indiqué Jacques Creyssel, délégué général de la fédération du commerce et de la distribution, le 20 juillet sur Itélé. Assurant que la grande distribution partage la détresse des éleveurs, il a déploré que les hausses de prix ne descendent pas jusqu’aux agriculteurs. Le médiateur nommé par Stéphane Le Foll pour identifier, selon les mots du ministre, « ceux qui n’ont pas joué le jeu », devrait remettre son rapport mercredi 22 juillet.