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MAGASIN DE PRODUCTEURS

Les Paysans de l’Ouest : un condensé de terroir au cœur de la ville

Les Paysans de l’Ouest, groupe de dix agriculteurs, ont ouvert leur magasin à Champagne-au-Mont-d’Or fin avril. Si le concept est éprouvé et l’appétence des urbains bien réelle, le projet a nécessité des investissements conséquents.
Les Paysans de l’Ouest : un condensé de terroir au cœur de la ville

Ils sont dix producteurs associés, du pays Lyonnais essentiellement mais aussi du Beaujolais et de la Loire. Des producteurs de fruits et légumes, de fromages, de viandes et de pains, déjà expérimentés en vente directe, venus séduire une clientèle urbaine en demande avec une large gamme de produits, complétée par une quinzaine de dépôts-vendeurs.
Qualité, proximité, la recette est désormais connue. Mais avant d'arriver à la date du 27 avril, jour de l'inauguration, il aura fallu de longs mois de préparation.

Un local spacieux

La première étape, la plus longue, a été la recherche d'un local à un prix raisonnable ce qui n'est pas chose facile en région lyonnaise. « On pensait avoir trouvé chaussure à notre pied mais on s'est rendu compte que le local que l'on avait choisi n'avait pas l'agrément ERP (établissement recevant du public) », explique Cyril Bonjour, producteurs de fruits à Saint-Didier-sous-Riverie et embre des Paysans de l'Ouest.
Finalement, les producteurs trouveront à quelques encablures de là, rue Maurice Ravel à Champagne-au-Mont-d'Or, un autre local, très spacieux (320 m2) et assez bien placé au cœur d'une zone très commerciale « mais nous ne sommes pas visibles depuis la grande route (NDLR : avenue du Général de Gaulle). Il faudrait installer des panneaux mais cela nécessite l'autorisation de la mairie et ce n'est pas simple... », regrettent les producteurs.

Le matériel de froid est de loin, le plus grand poste d’investissement.

L'appui d'une architecte d'intérieur

« Quand nous sommes arrivés dans le local nous avons tout de suite imaginé le rayon fruits et légumes d'un côté, le rayon froid de l'autre, séparés par l'épicerie fine », poursuit Cyril Bonjour. « Dans un premier temps, nous avons travaillé avec un architecte mais nous n'étions pas totalement satisfaits alors nous avons fait appel à une architecte d'intérieure. L'objectif, c'était de casser le blanc omniprésent, d'amener de la chaleur avec un faux plafond et du mobilier rustique. Nous souhaitions faire des meubles sur mesure, mais quand on a vu le devis du menuisier... »

Un gros investissement dans le matériel de froid

L'acquisition du matériel de froid s'est révélée le plus grand poste d'investissement. « Nous avons profité de l'espace disponible pour créer trois chambres froides au plus près des étalages. Nous avons constaté que dans d'autres magasins, les producteurs galéraient faute d'espace suffisant en chambre froide », analyse l'arboriculteur. Le groupe a investi dans une grande banque réfrigérée pour les viandes et fromages et plusieurs frigos. Le budget « froid » atteint au total 150 000 euros. « Nous avons demandé des devis à deux entreprises de confiance. On aurait sans doute pu trouver moins cher ailleurs, mais pour nous, la clé, c'est la qualité du service après vente. »
Pour le congélateur qui abrite glaces et escargots, les producteurs ont opté dans un premier temps pour la location. « Nous ferons le point au bout d'un an et déciderons si nous investissons ou pas. Au final, il nous manque qu'un brumisateur. C'est plus vendeur pour les légumes à feuilles. Mais le coût nous a freinés. Plus tard peut-être... », projette Cyril Bonjour.
En attendant, le magasin semble trouver son public progressivement « même si le jeudi, c'est calme », remarquent Adrien Gonon et Virginie Triomphe, respectivement producteur de fruits et éleveuse de veaux. L'activité est beaucoup plus prononcée le mercredi et le samedi. « C'est une clientèle moins fidèle que sur les marchés. Il faut donc beaucoup de clients pour vendre des volumes », analyse Cyril Bonjour. Les études de la chambre d'agriculture du Rhône tablent à terme sur un chiffre d'affaires de 1,2 million d'euros. « Mais si on peut faire mieux, on ne s'en privera pas », conclut le producteur. 
D. B.