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Viticulture

Les périmètres de lutte contre la flavescence dorée obligatoire 2017 ont été arrêtés

Le travail pour endiguer la flavescence dorée sur les vignobles sud-ardéchois et sud-drômois se poursuit. Vendredi 24 mars, le Service régional de l'alimentation (Sral) organisait une nouvelle réunion avec les acteurs de la filière et les élus locaux des deux rives.
Les périmètres de lutte contre la flavescence dorée obligatoire 2017 ont été arrêtés

Une cinquantaine de professionnels pour bonne part, des chaises qui s'ajoutent : l'implication des viticulteurs, mais aussi des élus locaux, concernant la flavescence dorée ne faiblit pas. La nouvelle réunion organisée par le Service régional de l'alimentation (Sral) vendredi 24 mars à Saint-Just-d'Ardèche en témoigne. Et la salle municipale, dite « la ferme », n'était pas loin d'être comble. Le sujet suscite en effet de nombreuses interrogations – des débats aussi – et de fortes attentes chez les viticulteurs. La flavescence est une maladie hautement contagieuse et réglementée : l'arrêté national du 19 décembre 2013 rend la lutte obligatoire en cas de symptômes.
Le périmètre de lutte obligatoire (PLO), en cours d'élaboration depuis plusieurs semaines et désormais officiellement arrêté, était au cœur de la présentation du Sral, destinée aux vignerons des Sud-Ardèche et Sud-Drôme. La cartographie identifie, secteur par secteur, la nécessité ou non d'un ou plusieurs traitements et leur fréquence optimale. Une première pour le Sud-Ardèche, où des parcelles contaminées avaient été découvertes dès la fin de l'été 2016 à Viviers et à Saint-Marcel-d'Ardèche. Les viticulteurs drômois sont, eux, contraints à la lutte obligatoire depuis plusieurs années.

Des solutions différenciées

Premier périmètre : Montélimar/Viviers. Quatre zones de traitement différenciées ont été identifiées, comme pour les autres tracés. Les communes de Montélimar, Châteauneuf-du-Rhône, Donzère, Saint-Montan, Viviers et Bourg-Saint-Andéol sont inscrites dans le plan de lutte. Pour une large part de leur superficie, elles sont toutefois comprises dans la zone sans traitement insecticide. Au sud-ouest de Montélimar et à l'extrême-nord de Châteauneuf, un deuxième traitement peut être envisagé. Quelques parcelles montiliennes pourront, elles, être traitées jusqu'à trois fois. De même que la bordure de la RD86 sur toute la longueur de Viviers.
Les mesures de lutte consistent en une prospection fine sur tout le PLO, l'arrachage des ceps contaminés (soumis à déclaration) et à la lutte chimique quand celle-ci est nécessaire. « Un travail important a été réalisé pour aboutir à cette carte, de manière à privilégier la surveillance dans les zones encore non-contaminées et à réserver les traitements pour les secteurs où il est pertinent de les y concentrer », souligne Jérôme Volle, élu à la chambre d'agriculture de l'Ardèche et viticulteur à Valvignères. Geneviève Caschetta, responsable du pôle qualité et protection des végétaux au Sral, affirme de son côté : « La réglementation s'appuie sur des études techniques, la connaissance de l'insecte vecteur, mais aussi sur celle du territoire afin d'adapter la lutte à celui-ci. Notre objectif est de proportionner la réponse au contexte et aux enjeux ». Dans les zones touchées, les comptages au stade larvaire (sept jours avant le premier et le deuxième traitements potentiels) et le piégeage d'adultes (installé au plus tard le 13 juillet avec relevé quatorze jours plus tard) sont déterminants pour déclencher l'application des traitements (entre fin mai et fin juin).
En Ardèche, le second PLO concerne Saint-Martin, Saint-Marcel et Saint-Just-d'Ardèche. Près des deux-tiers ouest du périmètre pourront se passer de traitement chimique. La partie sera soumise, quant à elle, à deux, voire trois application (le 3e traitement étant optionnel en fonction des comptages). « À Saint-Just, le propriétaire d'une parcelle jouxtant l'école s'est engagé à ne pas traiter chimiquement », rappelle le maire, Pierre-Louis Rivier.

10 000 ha en Sud-Drôme

Le Sud-Drôme voit son PLO évoluer. Selon les prospections réalisées par la FDGdon, le nombre de parcelles contaminées découvertes diminuent : sur 11 239 parcelles prospectées (dont 662  analysées), 178 sont positives à la flavescence dorée (356 en 2015). Aucune nouvelle contamination n'a été relevée. Par ailleurs, 150 suivis ont été effectués en 2016 avec l'appui de la chambre d'agriculture de la Drôme.
Résultat, le PLO 2017 concerne trente-sept communes, dont cinq en partie ciblées par trois traitements potentiels (Tulette, Saint-Maurice-sur-Eygues, Vinsobres, Mirabel-aux-Baronnies et Puymeras). La vallée de l'Eygue reste un secteur critique. Neuf localités sont exemptes de traitements, dont Grignan, Condorcet ou encore Sahune. Ça et là, comme en Ardèche, quelques parcelles pourront bénéficier d'un protocole différent de celui du reste de leur commune (par exemple Taulignan, Saint-Pantaléon-les-Vignes, mais aussi Buisson ou Villedieu, situées à l'extérieur du PLO mais à moins de 500 mètres de foyers de la maladie en 2016). Au total, les deux PLO englobent environ 12 000 ha (un peu plus de 10 000 en Drôme).
« Un découpage aussi fin, où l'on ne raisonne plus à l'échelle d'une commune entière est assez inédit », précise Geneviève Caschetta, au regard des deux PLO 2017. Philippe Faure, viticulteur à Saint-Just et président du Syndicat des côtes-du-rhône, insiste quant à lui : « Si l'on veut se débarrasser rapidement de la flavescence, nous devons tous nous impliquer et prospecter. Il y a un enjeu pour nous, pour notre environnement ; un impact sanitaire mais aussi financier ». 

Tiphaine Ruppert

 

En pratique 
La chambre d'agriculture de l'Ardèche organise, comme les années précédentes, des formations sur la maladie. Cette année, elles auront lieu notamment des les secteurs d'Alba, Saint-Just-d'Ardèche, les Cruzières...
Dans la Drôme, le Diois fait également l'objet d'un PLO. Mais une réunion sera consacrée ultérieurement à ce secteur.
Les PLO seront prochainement visibles sur le site de la Draaf Auvergne-Rhône-Alpes.