Les prévisions par filière de la Commission européenne
Selon les auteurs du rapport sur les perspectives à court terme des marchés agricoles, la production céréalière atteindrait 305 millions de tonnes (Mt) en 2018-2019, soit un niveau inférieur de 0,9 % à la moyenne des cinq dernières années. La vague de froid de la fin de l'hiver n'a pas altéré les cultures déjà acclimatées à des températures très froides. Les précipitations ont profité aux régions méditerranéennes et limité les risques de sécheresse. Constatant une hausse des surfaces semées en colza de 1 %, la Commission estime à 22 Mt la production de graines, si aucun événement climatique majeur ne survient d'ici la récolte l'été prochain. Un marché mondial du sucre excédentaire de 2 Mt au cours de la prochaine campagne 2018-2019 et des prix peu rémunérateurs, inciteraient les planteurs à cultiver plus de maïs et d'orge. Mais liés par des contrats pluriannuels, leur marge de manœuvre est limitée. La surface en betteraves ne reculerait que de 1 % par rapport à la campagne en cours.
Filières animales
En 2018, la production de lait augmenterait de 1,4 % par rapport à 2017, puis de 0,5 % en 2019, car le prix du lait payé au producteur baisserait. En attendant, le marché européen des produits laitiers sera porté par une consommation en hausse de 0,9 % et par une concurrence néozélandaise limitée en raison de la période de sécheresse. Le manque de fourrage réduira mécaniquement la collecte de lait. La production européenne de poudre de lait écrémé, estimée à 1,56 million de tonnes en 2018 (+ 3 % 2017) diminurait l'année suivante. Moins de bovins seront conduits cette année à l'abattoir. La production nette de viande bovine européenne devrait légèrement diminuer de près de 1 % puis de 1,5 % en 2019, en raison de la baisse du nombre des réformes de vaches laitières.
En production ovine, les prix ont atteint 560 €/ 100 kg à la fin de l'année passée, tirés par des exportations de carcasse en hausse, des importations en baisse et une offre moins disponible pour le marché intérieur. La Nouvelle Zélande est attirée par les marchés asiatiques et la hausse de la production britannique est limitée à 1 %.
L'augmentation des effectifs de truies fin 2017 de 17 000 têtes dans les élevages porcins de l'Union européenne, met fin à deux années de recul. En 2018, les exportations européennes, attendues en hausse de 2,5 %, seront plus difficiles en raison de baisse du prix mondial de la viande de porc et de la concurrence accrue des États-Unis, du Canada et du Brésil. L'accord commercial (Ceta) entré en vigueur en septembre 2017 a peu d'impact.
Concernant les palmipèdes, la grippe aviaire a affecté différemment les pays européens, selon la part de la production de palmipèdes dans chacun des pays membres. Après trois années de croissance consécutive de 4 %, la production de volailles n'a augmenté que de 0,8 % en 2017, pour atteindre 14,6 millions de tonnes. Mais 1,7 % de poulets de chair ont été produits en plus et 2,8 % de canards, de dindes et de pintades en moins ont été abattus. Cette année et l'an prochain, les taux de croissance de la filière resteraient modérés (+ 1,2 % en 2018 et + 0,6 % en 2019). Les exportations européennes de volailles devraient croître de 2 %. Elles seraient concurrencées par celles en provenance des États-Unis et du Brésil. La baisse du dollar a accru la pression sur les prix.