Les professionnels quittent la séance de FranceAgriMer
« La séance a été écourtée parce que malgré nos alertes mois après mois, les retards s'accumulent, et qu'en outre la validation du programme national d'aide est ralentie par la révision des textes communautaires en 2016 », a exposé Bernard Farges, président de la Confédération nationale des AOC viticoles (Cnaoc) lors d'un point presse improvisé sur le parvis de FranceAgriMer. La révision des textes, « et les interminables allers-retours entre Paris et Bruxelles quant à leur interprétation, n'ont toujours pas permis la validation du programme national d'aide », dénoncent dans un communiqué les représentants des organisations de viticulteurs, regroupés sous le sigle de l'Association générale des producteurs de vins (AGPV). Cette association rassemble les organisations professionnelles de la production viticole : Cnaoc, CCVF (caves coopératives), FNSEA, Vif (Vignerons indépendants) et VinIGP (vignerons d'IGP). « En Italie et en Espagne, l'administration interprète les textes et les applique, au lieu de demander à chaque fois à Bruxelles comment faire », a expliqué un professionnel, excédé. Le résultat de ces retards, « ce sont des problèmes de trésorerie chez les viticulteurs, des retards de contrôles des plantations et sur les arrachages, ce qui empêche de replanter après », a décrit Michel Servage, président de VinIGP.

Là-dessus, « alors qu'on nous dit à Paris que la téléprocédure pour l'aide à l'investissement est fermée depuis le 6 février, en région les services ne sont pas capables d'instruire les dossiers en raison d'un module informatique en panne », s'est exclamé Thomas Montagne, président de la Confédération des vignerons indépendants. Ces aides à la viticulture, fléchées vers l'investissement, la restructuration et la promotion du vin vers les pays tiers, « bénéficient au développement local », a déclaré quant à lui Patrick Vasseur (Gironde), représentant la FNSEA au conseil spécialisé. Les retards pénalisent les professions d'amont comme les pépiniéristes et les fournisseurs de matériels viticoles. Rémi Gautier, représentant Jeunes agriculteurs et viticulteur en région Paca, a indiqué que « depuis six mois nous alertions l'établissement sur le retard, mais cela n'a suscité aucune réaction ». Le risque est que des sommes utiles à la compétitivité de la filière ne soient pas utilisées. « Si tel est le cas, elles seront renvoyées à Bruxelles, c'est la règle », a rappelé Bernard Farges. FranceAgriMer a mis à disposition de la viticulture 12,5 ETP (équivalents temps plein), auxquels s'ajouteront 15 autres ETP.