Les salmonelles en tête des préoccupations
Gilles Breynat, après avoir rappelé le rôle du Gévoda, revenons sur son activité et son actualité, qui ont été évoquées en assemblée générale le 20 mars à Bourg-lès-Valence.
Gilles Breynat : « Le Gévoda a été créé en 2007 pour défendre les intérêts de l'aviculture, former, informer ses membres et contribuer à la réalisation d'actions techniques mais aussi économiques. Tous les ans, par son intermédiaire, des commandes groupées sont passées. C'est un moyen de négocier de meilleurs tarifs auprès des fournisseurs, notamment pour le gaz. L'année 2014 n'ayant pas été très froide, il en a été moins commandé qu'en 2013 (à peine 2 000 tonnes au lieu de 2 200). D'un prix maximum de 915 euros la tonne début 2014, les tarifs ont amorcé une baisse en cours d'année. Le prix minimum est descendu à 645 euros en février dernier et à 620 euros fin mars. J'espère qu'il passera au dessous des 600 euros.
Tous les fournisseurs contribuent aux économies de gaz. Dans le cadre des certificats d'économie d'énergie, ils aident l'achat d'échangeurs d'air et de systèmes de chauffage économes. Pour en bénéficier, il faut prendre contact en amont du projet (avant sa réalisation) avec le commercial qui monte le dossier. Une prime au mètre carré peut aussi être obtenue pour les nouveaux bâtiments. Son montant varie d'un fournisseur de gaz à l'autre. »
Quoi d'autre à l'actif du Gévoda ?
G. B. : « Nous avons organisé deux journées techniques sur les pièges à ténébrions, l'une dans l'élevage de dindes de Philippe Barbeyer à Allex, l'autre dans l'élevage de poulets d'Hèlène Bombart à Eymeux. Les larves et adultes de ce coléoptère, qui fuient la lumière, vivent dans le sol, le fumier, creusent des galeries dans les parois des bâtiments. 36 éleveurs se sont équipés en pièges à ténébrions et six commandes groupées ont été passées sur l'année. Si l'on n'en piège pas dans son élevage, c'est qu'il n'y en a pas. Par exemple, plusieurs dizaines de kilos peuvent être pris dans les pièges sur un lot de production de dindes (en 15 à 18 semaines d'élevage). Et il faut savoir qu'un kilo contient un million d'individus. Ces pièges ont un intérêt sanitaire car les ténébrions sont vecteurs de maladies. Si les éleveurs sont intéressés par de nouvelles commandes, ils peuvent contacter Muriel Landrault, à la chambre d'agriculture de la Drôme (au 06 25 63 58 84). »

Les salmonelles sont un sujet de préoccupation dans la Drôme. Comment évolue la situation ?
G. B. : « Oui, c'est le premier de nos soucis. En 2014, sur 48 suspicions de cas de salmonelles, 35 se sont confirmées : 26 en volailles de chair (21 en poulets et 5 en dindes), 8 en élevage de ponte (6 en pondeuses et 2 en poulettes) ainsi que 1 en reproducteurs de chair. C'est salmonella enteritidis (SE) qui prédominait (29 cas), à l'inverse du reste de la France (où salmonella typhimurium domine). Et, depuis début 2015, quatre cas ont déjà été signalés, tous dus à SE. Pour rappel, 22 cas avaient été identifiés en 2013 et 30 en 2012.
La situation ne s'améliore pas, malgré les effort consentis et la mise en place d'un plan spécifique dans la Drôme en 2011 : fermeture des dépôts d'équarrissage, exportation des fumiers contaminés et renforcement des mesures sanitaires prises dans les élevages. On ne sait pas d'où elles viennent ni comment. Une commission d'enquête de l'administration doit venir étudier la situation au cours du prochain trimestre. Il s'agit de tenter de trouver des solutions avant juillet, mois de pic de sorties des salmonelles. »
Et quant est-il de l'arrêté préfectoral pris en mai 2014 imposant le traitement des effluents d'élevage contaminés par les salmonelles dans un centre agréé ?
G. B. : « Cet arrêté ne prévoyait pas d'alternative. Un nouvel arrêté est en cours de signature. Il mentionne deux possibilités de traitement des effluents. L'une est le traitement assainissant dans un centre autorisé permettant la décontamination des effluents dans un local fermé (un seul établissement dans la Drôme). L'autre est l'épandage sur ses parcelles et l'enfouissement immédiat mais les conditions sont trop restrictives. Le principal élément bloquant est le lavage du matériel de transport. Celui-ci doit être nettoyé et désinfecté sur une aire étanche dotée d'un système de récupération des eaux de lavage, dont très peu d'exploitations sont équipées.
A noter aussi, la DDPP(1) a obtenu une enveloppe de 30 000 euros sur 2015, destinée à aider les éleveurs concernés par les salmonelles. Elle ira au transport des effluents vers le centre de traitement agréé et à des analyses complémentaires sur les arrivées de poussins. A propos des salmonelles encore, l'accès au FMSE(2) est à l'étude. »
Une dernière question, avez-vous évoqué d'autres sujets à l'assemblée générale du Gévoda ?
G. B. : « Oui, nous avons fait un point sur le système de financement des aides aux bâtiments d'élevage via le PCAE, plan de compétitivité et d'adaptation des exploitations agricoles. Tous ceux qui ont un projet d'investissement (de plus de 5 000 euros) dans le neuf ou la rénovation peuvent demander une aide. Il ne doivent pas hésiter à contacter Muriel Landrault ou leur intégrateur. »
Propos recueillis par Annie Laurie
(1) DDPP : direction départementale de la protection des populations.
(2) FMSE : fonds de mutualisation sanitaire et environnementale.